United a préféré des appareils de Boeing à ceux de la CSeries de Bombardier.

La CSeries pourrait appartenir aux contribuables

La société filiale de Bombardier, avec pour actif le programme de l'avion CSeries, pourrait passer sous contrôle public si l'État canadien monte au capital aux côtés du gouvernement de la province du Québec.
Jacques Daoust
C'est ce qu'a laissé entendre jeudi le ministre québécois des Transports Jacques Daoust, en charge du dossier CSeries, alors que le gouvernement fédéral n'a toujours pas annoncé de décision d'apporter un soutien financier au constructeur.
À l'automne, le Québec avait injecté 1 milliard $ pour 49,5% de la société pilotant le programme des deux modèles CS100 et CS300 du groupe Bombardier, des avions de 100 à 160 places en concurrence frontale avec les petits modules des géants Airbus et Boeing.
Dans un entretien à la télévision RDI, Jacques Daoust a estimé qu'en cas d'apport financier du fédéral, le rapport de force au conseil d'administration de cette société CSeries pourrait basculer.
Deux administrateurs du gouvernement québécois
Jusqu'ici, le conseil de cinq membres est composé de trois administrateurs de Bombardier et deux du gouvernement québécois.
«Si on avait un nouveau joueur qui se joignait à nous, on pourrait imaginer avoir sept membres», a déclaré M. Daoust en soulignant qu'avec deux nouveaux administrateurs le conseil basculerait. Avec deux [administrateurs] de ce nouveau partenaire, deux chez nous et trois pour Bombardier, [...] le nouveau partenaire et nous contrôlerions la compagnie», a affirmé le ministre des Transports.
Le scénario est en discussions entre le Québec et l'État fédéral, a indiqué M. Daoust qui a implicitement souligné que l'apport fédéral pourrait être d'un milliard de dollars afin de monter au même niveau que le Québec, les deux partenaires devenant mécaniquement majoritaires.
Cette éventualité «est explorée», et il est difficile d'«imaginer qu'on investirait les deux tiers des fonds, mais qu'on serait minoritaire au niveau décisionnel», a ajouté le ministre.
La société CSeries, qui serait alors détenue à 66% par les gouvernements fédéral et provincial, est composée des 1700 employés du programme, les contrats de fournisseurs et de clients, des actifs et des propriétés intellectuelles des activités de conception, de fabrication et de commercialisation des avions biréacteurs CS100 et CS300.
François Legault
Legault a froid dans le dos
Le chef caquiste François Legault a exprimé des craintes, jeudi, devant la perspective que les gouvernements fédéral et québécois soient majoritaires au conseil d'administration du projet d'avion CSeries de Bombardier.
M. Legault a mis en doute l'expertise des premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard dans le secteur de l'aéronautique.
Jeudi, dans une entrevue à Radio-Canada, le ministre des Transports, Jacques Daoust, a confirmé un scénario où, si Ottawa décide d'investir dans le projet, les gouvernements disposeraient d'une majorité au conseil d'administration de la filiale. En contrepartie de l'injection prévue de 1,3 milliard $ dans le projet, le gouvernement québécois a obtenu deux des cinq postes d'administrateurs, les autres appartenant à Bombardier.
Lors d'un point de presse, M. Legault s'est inquiété que les gouvernements aient une position de force dans la CSeries. «Juste d'imaginer une division de la CSeries présidée par Daniel Johnson où le contrôle de l'entreprise serait entre les mains de Justin Trudeau et Philippe Couillard, moi, j'ai froid dans le dos, de voir une situation comme celle-là», a-t-il dit.  La Presse Canadienne