La machine Heatmine, installée à l’extérieur de la serre et mise au point par Laboratoire Blockchain de Lévis, permet une économie d’énergie considérable dans le secteur de l’agriculture grâce à l’utilisation de la chaleur des processeurs destinés au fonctionnement de la cryptomonnaie.

La cryptomonnaie au service de l’agriculture

La semaine dernière, la jeune pousse de Lévis Laboratoire Blockchain a présenté sa technologie à Silicon Valley. Une machine baptisée Heatmine permettant un mariage entre la blockchain et l’agriculture.

À Québec, ce produit est installé depuis peu à l’entreprise Le Caveau à Légumes, à Neuville. Au cours des prochains jours, ces installations serviront pour démarrer une première culture de fraises en serre.

«Nous récupérons 90 % de la chaleur de nos processeurs. Notre système permet de chauffer par la suite la serre à 100 %, la température et l’eau. Ce qui représente des économies considérables. Il reste seulement à payer l’éclairage», explique au Soleil le patron de Laboratoire Blockchain, Jonathan Forte.

«L’objectif est que les serres de la région puissent un jour compétitionner à l’année sur les tablettes des supermarchés les produits du Mexique. Elles vont maintenant pouvoir produire à un prix plus raisonnable», poursuit-il.

La facture pour ce projet en lien avec l’agriculture? Entre 250 000 $ et 300 000 $ par serre. Pour alimenter une serre d’environ 2000 pieds carrés, la direction a dû installer 315 processeurs à proximité. Chaque boîte heatmine compte 63 processeurs.

Et quel est le rôle des processeurs, vous demandez? Il s’agit du véritable gagne-pain de Laboratoire Blockchain. L’entreprise est payée en monnaie virtuelle, comme le bitcoin, pour installer des processeurs qui sont nécessaires pour la sécurité des réseaux de la blockchain. Cette dernière sert notamment pour transiger la cryptomonnaie entre les individus à travers le monde.

Mais revenons à nos moutons. À terme, l’objectif du patron, qui a aussi investi des billets verts dans Le Caveau à Légumes, est d’avoir quatre serres qui profiteront de l’énergie créée à partir de 1200 processeurs.

Au cours des derniers mois, la direction de Laboratoire Blockchain a évalué plusieurs pistes d’affaires lui permettant de déployer à plus grande échelle sa technologie tout en s’intégrant dans le réseau électrique actuel d’Hydro-Québec, dont une collaboration avec le domaine de l’agriculture.

Fondée en 2017, l’entreprise qui détient actuellement 6500 processeurs vise aussi signer à court terme des partenariats d’affaires avec des propriétaires de spas. La technologie est également déployée à proximité de certains entrepôts. Ce qui permet de couper en deux la facture d’électricité.

«Si nous récupérons la chaleur de nos processeurs pour chauffer les gens, cela ne demande pas plus d’électricité à Hydro-Québec», note l’homme d’affaires, qui travaille dans le domaine depuis six ans. «Et du coup, nous pouvons continuer de grossir. Quant aux économies d’énergie, pour un entrepôt, on parle d’une diminution de la facture de l’ordre de 50 %. Pour les serres, il s’agit d’un projet-pilote, alors on va voir», ajoute-t-il, confirmant que des producteurs de cannabis ont également démontré de l’intérêt pour son produit.

Laboratoire Blockchain, qui compte une dizaine de cerveaux, rêve un jour de posséder un réseau d’un million de processeurs au Québec.

«Cela représenterait environ 2 % ou 3 % de la chaleur consommée actuellement par la population du Québec», illustre M. Forte.

Quant au voyage à Silicon Valley, l’objectif était davantage pour présenter la technologie à des joueurs de l’industrie. Le téléphone pourrait sonner au cours des prochains mois.