La croissance des revenus de la société n’a pas été aussi faible depuis l’été 2015, avant que Google ne crée Alphabet pour en faire une société de portefeuille qui l’inclurait au sein d’un groupe complété par plusieurs petites entreprises technologiques plus risquées.
La croissance des revenus de la société n’a pas été aussi faible depuis l’été 2015, avant que Google ne crée Alphabet pour en faire une société de portefeuille qui l’inclurait au sein d’un groupe complété par plusieurs petites entreprises technologiques plus risquées.

La COVID-19 ralentit le géant Google

BERKELEY — Google a affiché la plus faible croissance de ses revenus en près de cinq ans, la récession provoquée par la pandémie ayant commencé à réduire ses ventes de publicités au premier trimestre.

Les revenus pour les mois de janvier à mars pour Alphabet, la société mère de Google, offrent un premier aperçu de l’évolution du marché de la publicité numérique au milieu des mesures de confinement généralisées, qui obligent les consommateurs à rester à la maison. Ces restrictions ont incité peu d’entreprises à annoncer leurs produits et services.

Le portrait est incomplet, puisque la demande pour les publicités dans la plupart des régions du monde n’a pas été durement touchée avant la fin février et le début mars. C’est à ce moment que l’épidémie de coronavirus s’est accélérée et que les gouvernements ont imposé des mesures pour la combattre.

«La performance a été solide au cours des deux premiers mois du trimestre, mais en mars, nous avons enregistré un ralentissement significatif des revenus publicitaires», a expliqué la directrice financière d’Alphabet, Ruth Porat.

Le chiffre d’affaires d’Alphabet a augmenté de 13 % au premier trimestre, par rapport à la même période l’an dernier, pour atteindre 41,2 milliards $US. Bien que la plupart des entreprises célèbrent ce type de croissance, c’est un ralentissement important pour Alphabet, qui a régulièrement généré des croissances de revenus trimestriels de 20 % à 25 %.

La croissance des revenus de la société n’a pas été aussi faible depuis l’été 2015, avant que Google ne crée Alphabet pour en faire une société de portefeuille qui l’inclurait au sein d’un groupe complété par plusieurs petites entreprises technologiques plus risquées.

Malgré tout, la performance du premier trimestre était légèrement meilleure que les revenus de 40,8 milliards $ US attendus par les analystes, selon les prévisions recueillies par FactSet Research.

Alphabet a gagné 6,8 milliards $US au cours du trimestre, une augmentation de 2 % par rapport à l’année dernière.

Le réseau social Facebook, le deuxième plus grand vendeur de publicités numériques derrière Google, devrait également révéler un ralentissement spectaculaire mercredi, lorsqu’il dévoilera ses résultats pour la même période.

Alphabet a gagné 6,8 milliards $US au cours du trimestre, une augmentation de 2 % par rapport à l’année dernière.

Le trimestre actuel, d’avril à juin, devrait fournir des données encore plus sombres, les principaux annonceurs des compagnies aériennes, des hôtels et des autres voyages n’ayant que peu ou pas de raison de dépenser quoi que ce soit pour rejoindre les consommateurs, dont les perspectives de vacances estivales sont au point mort.

Ni Alphabet ni Google ne publient de prévisions sur ses résultats futurs, et l’entreprise n’a pas dérogé à cette pratique mardi. Les analystes boursiers ne sont cependant pas particulièrement optimistes.

Leurs projections pour le deuxième trimestre visent des revenus stables pour Alphabet. Un trimestre sans croissance serait sans précédent pour Google. Son résultat le plus terne à ce jour est survenu il y a plus de dix ans, au milieu de la Grande Récession, lorsque les revenus au deuxième trimestre 2009 ont augmenté d’un maigre 3 %.

Machine à imprimer de l'argent

Même si ses revenus ralentissent, Google reste une machine à imprimer de l’argent, grâce à la forte intégration de son moteur de recherche, de ses cartes numériques, de son service de courriel Gmail et de son site de vidéos YouTube dans le quotidien des gens. YouTube s’est particulièrement bien comporté au premier trimestre; ses revenus ont augmenté de 33 % par rapport à la même période l’an dernier, en raison du temps passé par les gens à regarder des vidéos alors qu’ils sont coincés à la maison.

La demande de toutes sortes de services en ligne a également contribué à soutenir les ventes de services de l’entreprise qui aident à exploiter des sites Web. La division d’infonuagique de Google a enregistré une augmentation de 52 % de ses revenus.

Mais la publicité liée aux résultats de recherche reste le cœur financier de l’entreprise, et elle vacille avec le reste de l’économie. Les revenus générés par le moteur de recherche de Google ont augmenté de 9 % au cours du premier trimestre et se sont probablement encore détériorés depuis la fin mars.

Pour aider à amortir le coup financier, le chef de la direction d’Alphabet, Sundar Pichai, a déjà réduit les plans d’embauche de l’entreprise pour le reste de l’année et réduit également le budget marketing pour promouvoir ses propres produits et services.

Les difficultés auxquelles est confronté Google représentent un inconvénient de la gestion d’une entreprise basée sur l’offre de services numériques gratuits payés par les annonces. Ce modèle est plus vulnérable aux turbulences économiques qu’à ceux qui s’appuient sur des abonnements payants et que les gens apprécient toujours dans les périodes de difficultés. À cet égard, la pandémie est plus tendre pour les sociétés comme le service de vidéo sur demande Netflix et le service de vidéoconférence Zoom.