Le principe de «blockchain» (ou «chaîne de blocs» en français), éprouvé en finance et qui fait lentement son chemin dans l'industrie de la musique, pourrait aussi s'appliquer à la télé. Ce procédé ultra sécuritaire permet de rétribuer justement les ayants droit sans passer par un intermédiaire. 

La cinéphilie se réinvente à domicile

Un club vidéo ouvert à toute heure du jour ou de la nuit, sans bouger de chez soi. Destinées aux cinéphiles avertis, de plus en plus de plateformes de vidéos en ligne offrent des abonnements centrés sur les films d'auteur, une alternative aux géants comme Netflix qui proposent avant tout des séries.
«Notre cible est le public qui s'intéresse à une gamme de films plus large et plus diversifiée que l'offre hollywoodienne», explique Edward Humphrey, de l'Institut britannique du film (BFI), qui a lancé fin 2015 une telle plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD).
Pour 4,99 livres par mois (environ 8 $CAN), BFI Player+ permet de voir ou revoir une centaine de classiques. De plus en plus de sites similaires proposent aujourd'hui, pour moins de 17 $CAN par mois, des catalogues de films d'auteur, de genre ou de patrimoine visibles sur un téléviseur connecté ou sur ordinateur/tablette. Les services de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) destinés aux cinéphiles sont déjà bien implantés dans le milieu anglo-saxon, qui a vu naître Netflix (90 millions d'abonnés dans le monde).
Aux États-Unis, le groupe Turner a lancé en 2016 FilmStruck, qui contient plus d'un millier de références tirées du cinéma d'auteur, indépendant, étranger ou des titres cultes.
En France, c'est l'arrivée fin 2014 de Netflix qui a donné un coup d'accélérateur à ce modèle, ainsi que la perte de vitesse de la chaîne payante Canal+, explique Jean-Yves Bloch, directeur général d'UniversCiné. «Tout à coup, il y a eu de la place pour une offre de cinéma indépendant.»Lancé en 2007, UniversCiné (5000 titres disponibles) a commencé en proposant des films à la demande (paiement à la séance, sans abonnement).
Bud Spencer en vedette
Le public de la SVOD? «Des gens curieux, qui aiment le cinéma», souligne Jean Ollé-Laprune, cofondateur de FilmoTV (filiale du distributeur Wild Bunch). Par conséquent, «ça ne sert à rien de leur proposer une offre sans contenu éditorial fort».
Pionnier français de la SVOD, FilmoTV offre chaque mois près de 200 nouveaux films et du contenu, allant d'une thématique Bud Spencer à des talk-shows sur le cinéma d'horreur.
Si le marché se développe, il doit composer avec la chronologie des médias qui impose qu'un film ne puisse être vendu ou loué en vidéo à la demande (VOD) que quelques mois après sa sortie en salles. Résultat : souvent les films les plus récents au catalogue datent de plusieurs mois, voire des années dans certains cas.
Cette contrainte, s'ajoutant au piratage et à la concurrence, fragilise le modèle. Plusieurs acteurs ont disparu comme VODD, ambitieuse plateforme lyonnaise proposant notamment des films inédits en salles.