Le président de la Chambre de commerce de Québec, Alain Kirouac

La Chambre de commerce de Québec décerne une médaille de bronze à Flaherty

Pas d'or. Pas d'argent. Que du bronze pour le ministre des Finances, Jim Flaherty. Voilà le verdict décerné par les représentants des entreprises à la suite de la présentation, mardi, du budget fédéral. «Un budget sans grande nouvelle et sans grande surprise non plus», résumait le président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Alain Kirouac.
Élimination du déficit et création de richesse, ces mots sont de la musique aux oreilles des patrons.
«Nous soulignons la volonté du fédéral de maintenir le cap vers un retour à l'équilibre budgétaire en 2015-2016, notamment en poursuivant ses efforts pour contrôler la croissance des dépenses publiques, sans toucher aux paiements de transfert versés aux provinces», a applaudi le Conseil du patronat du Québec par l'entremise de sa vice-présidente à la recherche et économiste en chef, Norma Kozhaya. «Nous apprécions également son engagement de maintenir une fiscalité globale concurrentielle pour les entreprises et les particuliers, particulièrement au chapitre des taxes sur la masse salariale, avec le gel des taux de cotisation au régime d'assurance emploi et aux régimes de retraite publics.»
De son côté, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a levé son chapeau devant les efforts menés par le gouvernement Harper pour contenir les coûts de la fonction publique, notamment en modernisant le système de gestion des congés de maladie et en allégeant le fardeau que doivent assumer les contribuables des bénéfices liés aux soins de santé des retraités du secteur public. «Les propriétaires de PME savent que les déficits d'aujourd'hui sont les taxes et les impôts de demain. Nous accueillons donc favorablement le maintien ferme de l'engagement du gouvernement de maintenir le cap sur l'élimination du déficit», a mentionné la vice-présidente principale et porte-parole nationale, Martine Hébert.
Cette dernière se réjouissait de la décision du ministre Flaherty de mettre en oeuvre une série de recommandations visant à réduire le fardeau administratif des PME et de nouvelles mesures pour réduire les frais de traitement des paiements par carte de crédit imposés aux commerçants. «Nous réclamons depuis longtemps et avec insistance que des actions soient prises afin de réduire ces coûts qui représentent de 5 à 7 milliards $ par année», a rappelé Mme Hébert qui se désolait, par contre, de la suppression du crédit pour l'embauche visant les petites entreprises.
S'il n'arrivait pas à trouver dans les livres budgétaires les sommes nécessaires au projet d'agrandissement du port de Québec, Alain Kirouac constatait cependant qu'il y avait de l'argent disponible pour ce type de projet dans le programme d'aide financière Fonds Chantier Canada.
Il signalait la mise sur pied du fonds Apogée Canada qui aidera les entreprises à prendre le virage de la productivité, de l'innovation et de la commercialisation. Ottawa y consacrera 1,5 milliard $ sur dix ans. «L'amélioration de nos façons de faire, c'est le noeud de la guerre dans un environnement d'affaires compétitif», a souligné M. Kirouac qui voit d'un bon oeil le projet de réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires qui cause des maux de tête aux employeurs qui font appel à de la main-d'oeuvre venue d'ailleurs. 
Un oeil sur la formation
Au cours des prochains mois, le milieu patronal aura à l'oeil les négociations entre Québec et les provinces sur la question de l'emploi et de la formation de la main-d'oeuvre. D'une même voix, les employeurs réclament un meilleur arrimage entre la formation des travailleurs et les besoins des entreprises.
«Nous espérons que les pourparlers afin de parvenir à une nouvelle entente sur le marché du travail avec les provinces, en particulier le Québec, insisteront sur la nécessité que celles-ci demeurent maîtres d'oeuvre de leurs programmes respectifs et tiendront compte des structures et modèles développés dans certaines provinces à cet effet qui fonctionnent bien, notamment au Québec avec la Commission des partenaires du marché du travail», a insisté Norma Kozhaya.