Les deux organisations s’engagent à maintenir le siège social de la nouvelle entité à Québec, à long terme.
Les deux organisations s’engagent à maintenir le siège social de la nouvelle entité à Québec, à long terme.

La Capitale et SSQ Assurance veulent regrouper leurs activités

La Capitale et SSQ Assurance, deux joueurs majeurs de l’assurance au Québec, aspirent à regrouper leurs activités. Mais l’union n’est pas faite. Les entreprises doivent toujours obtenir l’approbation du bureau de la concurrence du Canada, de l’Autorité des marchés financiers, du ministre des Finances du Québec, de l’Assemblée nationale puis des assemblées des membres mutualistes des deux organisations.

Cette fusion offrira à la nouvelle entité une force de propulsion au Québec, mais aussi au Canada. À terme, l’entreprise devrait devenir la plus importante mutuelle d’assurance au pays. 

Elle comptera 4700 employés et plus de 3,5 millions de membres et clients. Ses actifs sous gestion dépasseront les 20 milliards $, et la valeur des primes consolidées devrait atteindre 5 milliards $.

Une firme travaille sur le nom et l’identité de la marque, qui devront résonner d’un bout à l’autre du Canada. Les entreprises dénombrent près de 400 employés à l’extérieur du Québec. 

Les deux organisations s’engagent à maintenir le siège social de la nouvelle entité à Québec, à long terme.

Aucun changement dans leurs activités ne va s’opérer pour le moment. Elles demeurent deux entreprises distinctes et autonomes. Elles espèrent compléter l’intégration d’ici trois ans.

«Avec cette annonce, on devient le caillou dans le soulier, j’imagine. On était peut-être un grain de sable jusqu’à maintenant», lance le président-directeur général de SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux, en conférence de presse. «Nous aspirons à nous développer à l’extérieur du Québec, c’est là qu’il y a des parts de marchés à conquérir pour notre nouvelle organisation.»

«D’égal à égal»

La Capitale et SSQ Assurance sont deux entreprises de taille similaire et aux activités complémentaires, font valoir les dirigeants. La première se démarque dans le secteur de l’assurance de dommages tandis que l’autre se distingue en assurance collective. Le «regroupement de nos forces est naturel», souligne Jean St-Gelais, président du conseil et chef de la direction de La Capitale. 

La gamme de produits et services sera élargie, les outils technologiques renforcés et les montants des assurances seront plus compétitifs, détaillent les dirigeants. 

Sans préciser l’ampleur du montant, il affirme que «plusieurs centaines de millions de $» devraient être investis pour réaliser un virage numérique adéquat. 

La possibilité de la fusion des deux entreprises aurait été évoquée dès 1994, selon M. Chalifoux. La transformation technologique de l’industrie et la pénurie de main-d’oeuvre ont «intensifié» les discussions au cours des derniers mois. 

Rien à voir avec la récente fuite de données de Desjardins, un des plus importants compétiteurs des deux organisations au Québec avec Industrielle Alliance, assure Jean St-Gelais. «Les discussions étaient déjà engagées. Ça ne les a pas accélérées ou retardées.»

La protection des renseignements personnels est une priorité pour les organisations, disent-ils. La mise en commun de leur force leur offrira plus de ressources pour abriter les données de leurs usagers. 

Jean St-Gelais siégera à titre de président du conseil d’administration et du comité d’intégration. Jean-François Chalifoux agira quant à lui comme président-directeur général de la nouvelle entreprise.

Les organisations se disent «en mode création d’emplois». Quelque 200 postes sont à pourvoir dans les deux organisations, en plus de 500 départs à la retraite «naturels» estimés dans les 3 à 5 prochaines années.

Les assemblées mutuelles de La Capitale et SSQ Assurance se réuniront le 3 mars prochain.