La Caisse a une voix au conseil de SNC-Lavalin et un rôle dans son avenir

MONTRÉAL — La Caisse de dépôt et placement du Québec pourrait jouer un important rôle dans une éventuelle décision du Groupe SNC-Lavalin de déménager certaines de ses activités aux États-Unis.

Le géant de l’ingénierie et de la construction a indiqué aux procureurs fédéraux que son «plan B» en cas de poursuite pénale pour corruption prévoyait de déplacer son siège social au sud de la frontière et de supprimer plus de 60 pour cent de ses 8700 emplois au Canada, révèlent des documents internes.

La Caisse détient environ 20 pour cent du actions en circulation de SNC-Lavalin, ce qui en fait de loin son principal actionnaire. Le gestionnaire de régime de retraite a également conclu avec SNC-Lavalin une convention de prêt d’un montant de 1,5 milliard $ stipulant que la firme doit rester installée à Montréal au moins jusqu’en 2024, bien qu’un refinancement puisse être une option.

Selon Chris Murray, analyste chez Altacorp Capital, les 1,2 milliard $ en actions détenus par la Caisse - qui a pour mandat de faire croître les activités au Québec - lui permettent de se faire entendre au conseil d’administration. Le prêt, bien que partiellement remboursé, ajoute un effet de levier au régime de retraite, dont l’expérience financière commande le respect.

Karl Moore, professeur agrégé à la faculté de gestion de l’Université McGill, note que la Caisse veut faire croître ses investissements, un aspect qui rendrait potentiellement plus attrayant le déménagement aux États-Unis et pourrait entraîner un choc de ses différents mandats.

Plus tôt dans la semaine, SNC était revenue sur les déclarations de son chef de la direction, qui avait précédemment affirmé ne jamais avoir évoqué la protection des 9000 emplois canadiens pour justifier l’obtention d’une entente de réparation.