La cadence des mises en chantier a ralenti en mai

OTTAWA - Après avoir été supérieure aux normales pendant plusieurs mois, la cadence des mises en chantier de résidence a ralenti en mai, essentiellement en raison d’un déclin de 16,4% des projets de logements collectifs dans les centres urbains, a indiqué vendredi la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Le nombre de mises en chantier de logements en données désaisonnalisées et annualisées - une approximation du nombre de projets de construction qui se seront mis en marche cette année à ce rythme - s’est établi à 195 613 en mai, contre 216 775 en avril, a précisé l’agence fédérale.

Un économiste bancaire a souligné que le Québec et l’Ontario avaient connu leur pire mois en un an pour les mises en chantier, et que cela n’avait été que partiellement contrebalancé par les gains enregistrés par six autres provinces.

Le déclin de mai a fait reculer la moyenne mobile sur six mois à 216 362 unités, en données désaisonnalisées et annualisées, par rapport à celle de 225 481 unités du mois d’avril. La SCHL estime que cette moyenne mobile est un meilleur indicateur que les chiffres d’un seul mois.

Le recul mensuel s’expliquait essentiellement par la baisse du nombre de mises en chantier de copropriétés, de maisons en rangée et d’autres projets de logements collectifs dans certains centres urbains en mai.

Selon l’économiste en chef de la SCHL, Bob Duga, le déclin des mises en chantier de logements collectifs en mai les situe maintenant «près de leur moyenne sur dix ans après avoir atteint pendant plusieurs mois des niveaux historiquement élevés».

Le nombre de mises en chantier de maisons en rangée a diminué de 16,4% en mai pour s’établir à 119 811, tandis que celui des maisons individuelles a augmenté de 2% pour s’établir à 58 390 unités.

Les mises en chantier dans les régions rurales ont été estimées à un nombre désaisonnalisé et annualisé de 17 412 unités.

Reculs au Québec et en Ontario

Nathan Janzen, économiste principal au service d’études économiques de la Banque Royale, a souligné que la baisse des mises en chantier de logements collectifs n’était pas répartie uniformément dans l’ensemble du pays.

«À l’échelle régionale, il y a eu de fortes baisses en Ontario et au Québec - toutes deux attribuables aux fortes baisses de mises en chantier de logements collectifs -, mais des augmentations dans les Prairies et en Colombie-Britannique», écrit M. Janzen dans une note de recherche.

Il a observé que la baisse de mai reflétait probablement une volatilité mensuelle «normale», plutôt qu’une détérioration des tendances sous-jacentes, et que la moyenne mobile de six mois était encore «élevée» à environ 216 000.

Cependant, a ajouté M. Janzen, il y a eu moins de reventes de maisons au cours des premiers mois de 2018, suite à une série de changements visant à refroidir le marché immobilier «et nous prévoyons que cela sera suivi par un ralentissement de la construction résidentielle».

Michael Dolega, économiste principal pour Services économiques TD, a affirmé que le ralentissement de mai n’était pas étonnant , mais que «son ampleur était plus prononcée que nous l’avions prévu».

Il a souligné que les baisses d’environ 18 000 mises en chantier au Québec et de 14 000 mises en chantier en Ontario étaient les pires depuis mai 2017.

Plus précisément, M. Dolega a observé que la construction de logements collectifs à Toronto avait chuté à 14 900 en données désaisonnalisées, soit leur plus bas niveau en plus de deux ans.

«À l’opposé, la construction résidentielle à Vancouver a augmenté de 14% en mai pour atteindre 26 500, soit une cadence plus rapide que celle de Toronto - une première pour cette année», a écrit M. Dolega.

L’économiste Royce Mendes, de la Banque CIBC, a noté que le secteur des logements collectifs pouvait être volatil, de sorte qu’un rebond était toujours possible.

«Cela dit, avec la mise en oeuvre (de la nouvelle simulation de crise imposée aux acheteurs dont les prêts hypothécaires n’ont pas à être assurés) pour ralentir la demande pour les logements, nous ne nous attendons toujours qu’à de modestes résultats pour l’activité du marché d’ici la fin de l’année», a conclu M. Mendes.