Le propriétaire Luc Massicotte et ses employés travaillent à l'aménagement de la nouvelle usine de production de la boucherie W.E. Bégin, dans Sainte-Foy, qui devrait ouvrir d'ici quelques semaines.

La boucherie W.E. Bégin sur le point de renaître

La vision de l'avocat Luc Massicotte, qui s'était porté acquéreur de la boucherie centenaire de la rue Saint-Jean en 2010, est en train de se réaliser petit à petit. Près d'un an et demi après avoir fermé le réputé commerce au coin de la rue Sainte-Claire pour des «rénovations majeures», cessant par le fait même toute production de jambon, saucisses et autres charcuteries, l'homme d'affaires est sur le point de faire renaître la petite institution.
Mais les nostalgiques qui espéraient retourner faire leurs emplettes dans le quartier Saint-Jean-Baptiste devront être patients, puisque c'est dans le secteur de Sainte-Foy que s'établira la boucherie, avec un «magasin-usine» sur la rue Galvany, en face du boulevard du Versant-Nord, de même qu'une aire de restauration rapide à Place de la Cité.
«Dans les deux cas, on vise une ouverture vers le début mars», soutient M. Massicotte, qui a investi plus d'un million de dollars uniquement dans la transformation de sa nouvelle usine de production.
Répartie sur deux étages, celle-ci renferme plus de 550 mètres carrés, meublés avec une part d'anciens et de nouveaux équipements.
Parmi eux, notons un fumoir qui peut contenir jusqu'à 600 kilos de jambon à la fois. La boucherie se lançant aussi dans le poulet rôti, elle dispose maintenant d'un four à convection permettant de faire tournoyer 80 poulets en même temps. «On garde les méthodes de cuisson traditionnelles qui ont fait la marque de Bégin au fil des ans, tout en se tournant vers l'industriel», explique M. Massicotte, signalant qu'il peut «multiplier par 10» la production d'autrefois.
«Cuisine traditionnelle d'antan»
Et tant qu'à redonner vie à la marque Bégin, l'homme d'affaires souhaite exploiter l'idée de «cuisine traditionnelle d'antan» à fond. Propriétaire également de la Pâtisserie Les Fantaisies, un grossiste de gâteaux établi dans Limoilou, il espère dépoussiérer certaines «recettes de grand-mère» afin d'offrir une gamme de desserts sucrés dans son nouveau commerce. Un service de traiteur, avec pâtés à la viande, couscous et saucisses et autres plats cuisinés sera également offert sur la rue Galvany.
N'a-t-il pas peur de noyer l'essence de W.E. Bégin dans toute cette variété? «Non, absolument pas, assure-t-il, car on garde toujours en tête de mettre en valeur les bons produits Bégin. Notre slogan est «L'authentique saveur d'autrefois». On veut faire un clin d'oeil au passé et miser sur des produits 100 % faits au Québec.»
Si tout va bien, la population de Québec devrait aussi apercevoir un restaurant à l'image de la boucherie quelque part en basse-ville. «Ce n'est pas encore signé, mais on est sur le point de conclure un nouveau partenariat. On va offrir des déjeuners le matin et du poulet le midi et le soir», espère M. Massicotte.
L'ancienne boucherie bientôt démolie
Les grues devraient bientôt s'activer au 500, rue Saint-Jean, pour la construction d'un nouvel immeuble de quatre étages, dont le rez-de-chaussée accueillera une nouvelle succursale de W.E. Bégin «quelque part en 2014».
Quand la boucherie avait fermé en octobre 2012, le propriétaire Luc Massicotte espérait la rouvrir huit mois plus tard. Finalement, la pause aura été d'environ deux ans - si tout finit par se dérouler rondement. «Les négociations avec la Ville ont été plus difficiles que prévu, mais maintenant, il n'y a plus rien qui puisse m'empêcher de démolir la bâtisse actuelle», assure M. Massicotte.
Le plan est de construire sept unités de condos au-dessus du futur local commercial. La démolition du bâtiment datant de 1847 était inévitable, explique l'homme d'affaires, en raison de son «piteux état» qui rendait pratiquement impossible la réouverture de la boucherie en respectant toutes les normes de salubrité.