Patrick Nisot, propriétaire et fondateur de La Boîte à Pain

La Boîte à Pain: quand des employés deviennent les patrons

L’entreprise La Boîte à Pain accueillera de nouveaux actionnaires cet automne. Certains travailleurs deviendront leur propre patron. L’objectif : assurer la relève et solidifier les fondations.

Propriétaire et fondateur de la compagnie québécoise spécialisée dans la fabrication de pains artisanaux, de viennoiseries et de sandwichs, Patrick Nisot souhaite impliquer davantage ses employés. Un projet sur lequel il planche depuis maintenant plus de deux ans.

«Aujourd’hui, lorsque je vais visiter un magasin, je sens un effet de meute, de groupe. Ce n’est pas que ce n’est plus chez moi, mais je ne suis plus dans la gang», dit-il.

Mais ne vous inquiétez pas pour lui, il est heureux, car son entreprise continue de fleurir avec une saveur locale. «Dans chaque commerce, les employés ont leur façon de faire et de communiquer. Ils collaborent entre eux. C’est très positif. Je n’ai pas envie d’être le capitaine de cela», poursuit-il.

Il faut dire que depuis des mois, le grand patron veille davantage au bon fonctionnement de son centre de production, dans Limoilou. Et il l’avoue, humblement, il est moins visible dans ses commerces.

Ce sont d’ailleurs ses trois points de vente, bientôt quatre avec celui qui ouvrira en mai au Grand Marché d’ExpoCité, qui seront en partie vendus à ses gérants. Il prévoit conserver 50 % des parts.

Réseau de franchises

Grâce à cette initiative, l’homme d’affaires d’origine belge souhaite démarrer son réseau de franchises. Il rêve de faire des petits partout à travers la province.

 «Je veux m’assurer que les personnes qui gèrent la compagnie restent avec nous. Elles ont une tâche importante et une expérience remarquable. C’est un peu comme les lier à l’entreprise et cela me permet de développer un modèle d’affaires offrant une croissance», explique le propriétaire de 48 ans, qui n’a pas l’intention de prendre sa retraite.

Il vise aussi dans une seconde étape que d’autres employés deviennent des actionnaires du centre de production.

«C’est juste un début. Dès que nous allons avoir complété ce processus, j’aimerais que mes boulangers deviennent propriétaires du centre de distribution. Je veux que mes employés clés deviennent propriétaires de l’entreprise», note le patron de 90 personnes, espérant indirectement que cette stratégie agisse comme un remède au problème de main-d’oeuvre.

Pour l’heure, La Boîte à Pain compte trois succursales, soit sur la rue Saint-Joseph, dans Saint-Roch, sur la 3e avenue, à Limoilou, et sur le chemin Sainte-Foy.


« Je veux m’assurer que les personnes qui gèrent la compagnie restent avec nous. Elles ont une tâche importante et une expérience remarquable. »
Patrick Nisot, propriétaire de La Boîte à Pain

Nouveaux marchés

Dans ses cartons M. Nisot ne le cache pas, il reluque de nouveaux marchés, mais il n’est pas question de négliger les standards de qualité des produits.

«On ne peut pas livrer en voiture des viennoiseries ou des croissants de Québec à Trois-Rivières», souligne-t-il. «Pour conserver une fraîcheur, il faut que le point de vente soit à un maximum de 20 minutes du centre de production. 

S’il y a un développement et je l’espère, à l’extérieur de la région de Québec, cela devra se faire en grappe. C’est-à-dire avec un nouveau centre de distribution qui pourrait fournir cinq ou six magasins», poursuit-il.

Ce dernier estime toutefois qu’il reste encore de la place dans le marché de la capitale pour faire d’autres petits. Il concède également que la Rive-Sud de Québec pourrait être un secteur alléchant.

Quant à une possible expansion du côté de Montréal, M. Nisot indique vouloir prendre son temps. «Pour le moment, je n’ai pas les reins assez solides et je n’ai pas encore l’expérience nécessaire».

La Boîte à Pain a été fondée en 1999. L’ouverture du centre de production avait nécessité un investissement d’environ 1,5 million $.

Les succursales de La Boîte à Pain Café Napoli à Limoilou, ouverte en 2008, et de La Boîte à Pain à Sainte-Foy (2015), sont à la fois des boulangeries et des pizzérias.