La Beauce (dont on voit ici la ville de Saint-Georges) doit peser sur l'accélérateur pour accroître la qualité de vie de ses citoyens et pour développer ses attraits touristiques, selon la directrice générale du Conseil économique de Beauce, Hélène Latulippe.

La Beauce veut développer autrement

La Beauce a toujours misé gros sur la croissance de son économie et sur le développement de ses entrepreneurs pour assurer sa prospérité. Foudroyée par une pénurie de main-d'oeuvre ne faisant aucune exception parmi les petites, les moyennes et les grandes entreprises, la région, reconnue pour le dynamisme légendaire de ses industriels, est maintenant conviée à une corvée de grande envergure.
«Il faut que la Beauce se positionne comme une région moderne», martèle la directrice générale du Conseil économique de Beauce (CEB), Hélène Latulippe.
La Beauce, selon elle, doit peser sur l'accélérateur pour accroître la qualité de vie de ses citoyens et pour développer ses attraits touristiques.
«Aujourd'hui, il ne suffit plus d'attirer des entreprises - et de s'assurer de leur développement - pour que les gens viennent s'installer chez vous. C'est le contraire. Il faut développer un milieu attrayant qui fera en sorte que les gens viendront y établir leurs pénates et deviendront des candidats pour pourvoir les postes disponibles dans les entreprises.»
Dans la région de la Chaudière-Appalaches, le taux de chômage affichait 2,9 % en août.
À titre de comparatif, il s'établissait à 4,3 % dans la Capitale-Nationale et à 6,1 % au Québec.
Sachant que la situation économique dans certains territoires de cette région administrative est plus difficile - c'est le cas dans la MRC des Etchemins - tout porte à croire que le taux de chômage serait inférieur à 2,9 % dans les trois MRC beauceronnes (La Nouvelle-Beauce, Robert-Cliche et Beauce-Sartigan).
«L'emploi, c'est le gros défi de toutes les entreprises. Elles ont clairement besoin d'aide.»
Évoluant sur le territoire de la MRC Beauce-Sartigan - où l'on retrouve la Ville de Saint-Georges - le CEB a procédé à des sondages et à des entrevues, ces derniers mois, pour prendre le pouls de ses membres dans une démarche interne de planification stratégique en vue d'adapter et de bonifier ses interventions.
Le diagnostic sur l'état de santé des entreprises est positif sur toute la ligne. La croissance est au rendez-vous dans ce coin de pays dominé par les Canam, Manac, Boa-Franc, Garaga, Comact et Procycle. 
Dans son rapport annuel 2016, le CEB faisait état d'une hausse de ventes de 6 % des entreprises de son territoire. Elles ont totalisé plus de 2,1 milliards $. Les investissements, eux, ont grimpé de 22 % pour se chiffrer à 61 millions $. Pour leur part, les exportations ont progressé de 1 % pour dépasser 1,2 milliard $.
«Ça se corrige»
«Pendant longtemps, nous avons fait du développement économique dans une vision étroite de croissance des industries. Force est de reconnaître, aujourd'hui, qu'il faut adapter une vision plus large», explique Hélène Latulippe au Soleil.
«Nous ne pouvons plus développer notre économie de la même façon que par le passé. Il faut provoquer le développement économique régional de façon globale. Il faut travailler sur les milieux de vie», précise-t-elle en signalant que la Beauce entendait le pas de la concurrence industrielle provenant notamment de l'Estrie et du Saguenay.
«Nous nous sommes trop peu intéressés au développement touristique de notre région. Quand les gens pensent qualité de vie et villégiature, ils ne pensent pas immédiatement à la Beauce», poursuit la directrice générale du CEB.
«C'est vrai, il n'y a pas de perte de temps, ici, dans la circulation. C'est aussi le cas à Magog, à Bromont ou à Saguenay.»
«Il faut l'admettre, nous ne figurons pas parmi les régions les plus attractives, mais ça se corrige», prend-elle le soin de mentionner.
«Tout n'est pas négatif. Nous voyons des municipalités investir dans leurs infrastructures et dans l'amélioration de vie de leurs citoyens. Il faut continuer.»
La démarche du CEB lui a aussi permis de constater que les entreprises, notamment celle de moyenne taille, avaient besoin d'un coup de pouce pour affronter les défis de la productivité, des nouvelles technologies et de la mondialisation.
«Il faut s'assurer que les ateliers d'usinage, par exemple, intègrent les solutions proposées par l'automatisation. Les liens entre l'industrie et le monde de l'éducation doivent également se resserrer.» 
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Sortir des sentiers battus pour dénicher les perles rares
Alors, Hélène Latulippe, la pénurie de main-d'oeuvre en Beauce, on règle ça comment concrètement?
À l'instar des membres qu'elle représente, la directrice générale du Conseil économique de Beauce (CEB) se gratte le dessus de la tête pour trouver une réponse simple à cette question fort complexe. 
«Le défi sans précédent de la main-d'oeuvre ne résoudra pas seulement par des projets de recrutement. Ça, c'est certain. Il faudra sortir des sentiers battus. Je pense, entre autres, au partage des travailleurs entre les entreprises. Le recrutement international est aussi une solution qui, par contre, ne s'applique pas à toutes les PME. Ça coûte cher aller chercher des travailleurs à l'étranger. Je pense, entre autres, aux petites entreprises.»
Les bonnes idées ne manquent pas en Beauce pour épauler les entreprises dans leur quête de perles rares.
Il y a La Beauce embauche, qui fait la promotion de la qualité de vie et des emplois offerts. 
L'initiative est pilotée par trois organismes de développement économique (CEB, Développement économique Nouvelle-Beauce, CLD Robert-Cliche). Une soixantaine d'entreprises et d'acteurs du développement socio-économique y sont associés.
Rallye de l'emploi
La Beauce embauche tiendra, le 20 octobre prochain, son rallye de l'emploi. À cette occasion, une quarantaine d'entreprises ouvriront leurs portes aux chercheurs d'emploi.
Il y aussi les programmes Viens te souder au Québec et Place aux manoeuvres.
Le premier regroupe des entreprises du secteur de la fabrication métallique industrielle qui accueillent dans leurs murs des élèves stagiaires français pour leur permettre d'acquérir les compétences nécessaires à l'insertion sur le marché québécois de l'emploi. 
Le deuxième est offert gratuitement par la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin en collaboration avec Emploi-Québec et vise à former 40 manoeuvres en huit semaines. Les candidats sont payés pour étudier.