Pour une troisième année consécutive, une douzaine d'entreprises de la Beauce mettent le cap sur la France pour y recruter de futurs travailleurs en usinage, en soudage et en mécanique industrielle ou électrotechnique.

La Beauce recrute des soudeurs et des machinistes en France

«L'autre jour, je rencontrais un dirigeant d'entreprise. Il me disait qu'il avait urgemment besoin de 25 soudeurs et de 25 machinistes. Imaginez, c'est le nombre que nous formons en une année pour l'ensemble du territoire!» témoigne André Poulin, gestionnaire du développement international à la commission scolaire de la Beauce-Etchemin (CSBE).
Pour une troisième année consécutive, une douzaine d'entreprises de la Beauce, dont le Groupe Canam, Manac, Beauce-Atlas, Boa Franc et Métal Sartigan, mettent le cap sur la France pour y recruter de futurs travailleurs en usinage, en soudage et en mécanique industrielle ou électrotechnique.
Elles ont beau faire de la promotion de ces métiers auprès de la population locale et des Québécois des autres régions de la Belle Province, les entreprises manufacturières de la Beauce et de la région de la Chaudière-Appalaches (taux de chômage de 5,3 % en 2014) ne parviennent pas à trouver toute la main-d'oeuvre qualifiée dont elles ont besoin. Certaines vont même jusqu'au Costa Rica pour dénicher les perles rares.
Les affaires vont bien
Avec la reprise économique aux États-Unis et la baisse de la valeur du huard par rapport à la devise américaine, les affaires vont bien, par les temps qui courent, pour les entreprises exportatrices. «Pour livrer les contrats, elles ont besoin de personnel. Et cette main-d'oeuvre qualifiée, elle se fait de plus en plus rare», fait remarquer André Poulin.
Au cours des deux dernières années, les entreprises beauceronnes ont réussi à attirer une trentaine d'élèves français. Une quinzaine d'entre eux ont déjà terminé leur formation d'un an et demi au Centre intégré de mécanique industrielle de la Chaudière (CIMIC). 
«Du nombre, 61 % sont en emploi dans la Beauce. Il y en a aussi qui gagnent leur vie à Lévis ou à Québec. À peine deux ou trois élèves ont plié bagage pour retourner en France. En général, l'initiative répond aux attentes des entreprises», indique M. Poulin en soulignant que les entreprises, la CSBE et le Conseil économique de Beauce font front commun dans cette démarche de recrutement international.
Et pour rendre encore plus attrayant le passage en Amérique du Nord, les entreprises offrent des «bourses de persévérance» de 6000 $ à chacun des élèves français qui fait le choix de s'expatrier.
En France, la délégation beauceronne sera présente au Salon de l'alternance et de l'apprentissage de Rouen. 
«Nous avons établi de bons contacts là-bas et les besoins de nos entreprises sont de plus en plus connus», conclut André Poulin en signalant que les entreprises finançaient à 100 % la mission Viens te souder au Québec dans l'Hexagone.