Maxime Bellemare, cofondateur des salons de barbier KRWN, entend maintenant ouvrir des salons à Montréal, Sept-Îles et possiblement Gatineau en 2017.

KRWN: les barbiers branchés voient grand

Ses trois salons de barbiers KRWN Studio débordent à Québec et il a récemment ouvert une franchise en Beauce. Maxime Bellemare n'a pas l'intention de s'arrêter là. Le jeune homme d'affaires croit avoir trouvé une mine d'or et prévoit être aux quatre coins de la province d'ici 2018, voire partout en Amérique du Nord d'ici cinq ans.
«J'ai un secondaire 5 et je me suis planté un million de fois. C'est ça mon background.»
Voilà comment Maxime Bellemare, 26 ans, décrit la formation qui l'a finalement amené à cofonder KRWN Studio. 
«J'ai tenté de partir des business dans tous les domaines. De l'importation de café au miel d'agave, en passant par le jus de fruits naturel. J'ai écrit un plan d'affaires pour un projet que j'avais à Toronto avec un investisseur de partir une chaîne de restaurants indiens. Ça n'a pas marché. Je suis un gars cowboy, un pirate à cravate.»
À travers ses échecs en affaires, Maxime Bellemare est parti habiter un an à Miami, en 2009, pour apprendre son anglais. «J'habitais dans la Petite Haïti, qui est un peu un ghetto. La seule place où je me sentais en sécurité, c'était dans le salon de barbier du coin parce que je m'étais fait des amis qui travaillaient là.»
Le travail de barbier l'a toujours passionné, assure celui qui a grandi à Québec, sans jamais qu'il le pense compatible avec sa bosse des affaires. «À Miami, les barbiers étaient un peu des rockstars. Je n'avais jamais vu ça. C'est plus que juste des coupes de cheveux. Si tu as besoin de quelque chose, peu importe, tu vas voir le barbier. Ce que j'aime, c'est que tu peux être ministre ou garagiste, tout le monde est égal sur la chaise du barbier et tout le monde échange.»
Barbier par hasard
Des années plus tard, en 2014, Maxime Bellemare, alors à Toronto, revient à Québec pour aider son frère cadet à lancer son salon de tatouage, KRWN Studio, sur l'avenue Taniata, à Lévis. 
«Il n'y avait toujours pas vraiment de barbier à Québec. On a rentré deux chaises dans le salon de tatouage et ça a été un succès instantané. J'ai dû engager un barbier de plus, puis plusieurs autres.»
L'un d'entre eux, Jérémy Laliberté-Vincent, se distingue rapidement par son esprit marketing. Avec Bellemare, il commence à développer l'esthétique de l'entreprise. «J'étais trop traditionnel, ça prenait un côté fashion 2017.» KRWN accroît sa présence sur Instagram et Facebook, publiant photos léchées et vidéos.
Les deux jeunes deviennent Max le Barbier et Jay le Barbier sur les réseaux sociaux et s'associent pour ouvrir un petit salon dans Sainte-Foy six mois après Lévis.
«Ça a été encore une fois un succès monstre. Un autre six mois après, on a décidé d'ouvrir dans Saint-Roch avec notre concept ultime. On avait toujours voulu être le point de repère pour l'homme. Saint-Roch, c'était un quartier qui nous ressemblait. On voulait un café et une boutique annexée au salon.»
Depuis, KWRN a racheté Star Fresh, son compétiteur à Québec, et déménagé le salon de Sainte-Foy sur l'avenue Myrand. «On a dépassé nos projections financières de 300 %.»
Une franchise s'est aussi ajoutée à Saint-Georges, en octobre. «L'idée de se franchiser, ça nous a toujours trotté dans la tête. Donc on a fait un test à Saint-Georges.»
Chaque nouvelle ouverture a dépassé les attentes des deux jeunes entrepreneurs, qui prévoient maintenant ouvrir à Montréal, Sept-Îles, et possiblement Gatineau en 2017. «On n'est pas encore certain si on y va corporatif ou franchise. On s'est rendu compte que c'est vraiment deux mondes différents. On réévalue beaucoup ces temps-ci. C'est une décision qui va être prise bientôt pour l'avenir à long terme de la compagnie.»
Où se voient-ils dans cinq ans? «On va être dans le reste du Canada et aux États-Unis.
Manier les ciseaux et les réseaux sociaux
Si Max le Barbier se targue d'utiliser des techniques de coupe à l'ancienne que l'on retrouve peu ailleurs au Québec, il n'emploie cependant aucun barbier avec une formation professionnelle en coiffure.
KRWN a sa propre école, par laquelle sont passés la trentaine de barbiers. Ils ont entre 17 ans et la fin de la trentaine, souvent tatoués et barbus. Un nouveau «prospect» se voit accorder un mois pour se former, après quoi il passe un examen de coupe de barbe et de cheveux. «Si tu le passes, tu deviens apprenti.»
La formation ne s'arrête pas au maniement des ciseaux. «On guide nos barbiers sur comment utiliser les réseaux sociaux. C'est eux qui coupent les cheveux, alors c'est eux le produit. On veut les éduquer sur tout ce qu'on peut. Jay va leur dire quoi faire et ne pas faire sur Instagram, par exemple.» 
En mars, KRWN sortira sa propre websérie. Max le Barbier a acheté un VR, l'année dernière, baptisée la KRWN Mobile. Cet été, il est parti en compagnie de quelques-uns de ses barbiers et la vedette des réseaux sociaux David Hener à la rencontre de propriétaires de salons de barbier de Miami au Nouveau-Mexique. «Vingt jours, quatorze villes, jusqu'à El Paso en passant par la Louisiane. On a documenté ça en une douzaine d'épisodes. Après, on aimerait reproduire ça à grande échelle dans une série télé.»