En s’associant au programmeur Sylvain Gagnon (à droite), Étienne Bernier (à gauche) a créé Kreezee Sports, une jeune entreprise de Québec qui se frotte maintenant à des géants comme l’Américaine SportsEngine, une filiale de NBC Sports.

Kreezee Sports prêt pour les grandes ligues

Alors qu’il dirigeait une ligue de hockey amateur en 2013, Étienne Bernier s’est vite rendu compte que les outils disponibles sur le Web pour gérer une ligue étaient soit gratuits et de mauvaise qualité ou alors de bonne qualité, mais trop dispendieux. L’homme d’affaires qui avait une entreprise Web a alors décidé de remédier lui-même à la situation. En s’associant à Sylvain Gagnon, un programmeur, il a créé Kreezee Sports, une jeune entreprise de Québec qui se frotte maintenant à des géants comme l’Américaine SportsEngine, une filiale de NBC Sports, dans ce créneau très ciblé.

«Le défi pour nous était de développer un bon produit à coût abordable», explique Étienne Bernier. C’est finalement la Ligue de hockey de la Côte-Sud qui a donné un premier mandat à la petite entreprise. «De mai à septembre 2014, il a fallu développer et mettre en ligne un site qui permettait de gérer cette ligue, les équipes, les classements, les horaires et les statistiques des joueurs», indique Sylvain Gagnon. Une option de gestion d’association sportive a ensuite fait son apparition, permettant par exemple de donner un coup de main aux gestionnaires d’associations de hockey mineur.

Mais c’est avec une nouvelle option permettant de gérer des tournois que Kreezee Sports a vraiment frappé un coup de circuit au sud de la frontière. «Ça a vraiment été un super succès aux États-Unis où nous sommes maintenant associés à plus de 100 tournois, dont certains où nous avons réussi à déplacer SportsEngine», déclare fièrement M. Bernier.

2,7 millions d’usagers

La plateforme a été adaptée pour quatre autres sports : le soccer, le football, le baseball et le basketball, et une application mobile a été ajoutée permettant entre autres aux parents de recevoir une notification quand un match débute, quand il prend fin ou quand leur progéniture vient de marquer un but par exemple.

«Aujourd’hui, ce sont plus de 2,7 millions de personnes et 650 sites Web qui ont utilisé notre plateforme, dont 30 % aux États-Unis, essentiellement dans des tournois. Il est plus difficile de joindre les associations là-bas, car elles sont presque toutes connectées à la Fédération», poursuit Étienne Bernier.

Chez les Américains, c’est la facilité d’utilisation de la plateforme Kreezee Sports qui lui permet de gagner des adeptes face à des compétiteurs qui ont parfois plus de 100 employés. Kreezee a aussi 5 % de sa clientèle en Europe dans des pays comme la Suède, la Russie, l’Islande et la France. «Une autre de nos forces est que notre plateforme est multilingue, contrairement aux produits américains», souligne M. Bernier. L’entreprise prévoit ajouter bientôt l’espagnol comme langue puisque le marché hispano-américain serait très mal desservi présentement, de même que le portugais pour éventuellement tenter une percée au Brésil. 

Sur place

«Contrairement à d’autres entreprises, nous nous rendons sur les lieux pour aider le client à qui nous offrons souvent un premier essai gratuit. Ça aide à nous faire connaître et ça nous aide aussi à comprendre la réalité du client sur le terrain», souligne l’homme d’affaires.

Au début, la plateforme de Kreezee Sports était gratuite, mais l’entreprise a depuis développé d’autres versions plus étoffées vendues 200 $ ou 700 $ par année, sans compter l’application destinée aux parents vendue 2 $ pour six mois ou celle permettant de gérer une équipe pour 30 $ par année. Les transactions en ligne et la publicité en ligne sont d’autres avenues que le duo souhaite développer à l’avenir. «Le potentiel de développement est très grand pour l’application de gestion d’équipe et celle pour les parents, qui peuvent la synchroniser à leur calendrier personnel», indique Étienne Bernier.

Afin de poursuivre son expansion, Kreezee Sports a déjà commencé des démarches afin d’obtenir du financement auprès d’une société de capital de risque ou d’un «ange investisseur». «L’objectif est maintenant d’accélérer notre croissance et d’atteindre d’ici trois ans le cap des 10 millions d’usagers», conclut Étienne Bernier.