Junex détient plus de 1,5 million d'acres de permis situés dans les basses-terres du Saint-Laurent.

Junex assise sur des milliards de dollars

L'action de Junex (JNX) est en feu depuis quelques jours à la Bourse de Toronto. Hier, le titre de la petite société de prospection gazière de Québec a bondi de 13 %.
Un cas intrigant que celui de Junex. Tantôt à 1,50 $, tantôt à 2 $, tantôt à 7 $ (il y a un an et demi). Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a véritablement de l'engouement pour le secteur du gaz naturel dans les basses-terres du Saint-Laurent. Un sujet hautement explosif.
Hier, le titre de Junex a terminé sa journée à 1,96 $, en hausse de 23 ¢. La société a surtout dévoilé un rapport indépendant d'expertise estimant la valeur des ressources gazières de son permis Nicolet à près de 23 milliards $US.
Oui, vous avez bien lu. Mais on se calme. On parle ici d'une estimation prospective sur des ressources brutes non découvertes. Autrement dit, on nage en pleine spéculation.
N'empêche. L'analyse effectuée par la firme Netherland, Sewell and Associates fait toutefois état d'une ressource potentielle de gaz naturel de 8,67 trillions de pieds cubes (tcf) sur le permis de Nicolet dans les shales de l'Utica.
Or, comme Junex possède 50 % des intérêts dans le permis Nicolet, les ressources de la société de Québec s'établiraient à 4,33 tcf. En valeur marchande, 1000 pieds cubes de gaz naturel tournent autour de 5,29 $US ces temps-ci. Un tcf équivaut à 1000 milliard de pieds cubes. En somme, les 4,33 tcf de Junex pourraient valoir 22,9 milliards $US. Ouch!
Mais voilà, les techniques actuelles de prospection gazière ne permettent pas de soutirer 100 % de la valeur potentielle des ressources prospectives. Avec un taux de récupération très conservateur de 10 %, la valeur des ressources récupérables dans Nicolet pourrait s'élever à 2,3 milliards $US. Juste cela.
Inutile de rappeler que Junex pourrait être assise sur une véritable petite mine d'or puisque la société détient plus de 1,5 million d'acres de permis situés dans les basses-terres du Saint-Laurent.
Depuis quelques années, Junex travaille d'ailleurs avec un partenaire américain, Forest Oil, de Denver, pour évaluer le potentiel des shales de l'Utica au Québec. Junex et Forest Oil ont une entente s'étalant sur plus de 143 000 acres.
Aux États-Unis, plusieurs gros joueurs de l'industrie sont très actifs dans la structure géologique des shales de l'Utica, où certaines sociétés ont mis à jour des techniques uniques de production (injection d'eau et de sable) à partir des shales gas ou gaz de schistes.
Les «shales gas» émanent notamment de matière organique non transformée contenue dans des couches sédimentaires se trouvant à des profondeurs de 800 à 1000 mètres.
Les gaz non conventionnels alimentent aujourd'hui 30 % de la consommation de gaz naturel aux États-Unis. D'ici quelques année, cette proportion pourrait grimper à 50 %, estiment certains analystes.
Plusieurs d'entre eux entrevoient d'ailleurs de belles choses pour Junex au cours des prochains mois. Un autre rapport d'évaluation de ses ressources potentielles est attendu prochainement pour ses propriétés situées sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent.
Bien que spéculatif, le titre de Junex pourrait atteindre 2,95 $ d'ici un an, avance l'analyste Ken Chernin chez Jennings Capital.
Ce dernier rappelle que le prix de l'action de Junex dépend fortement de deux variables, soit le prix du gaz naturel et l'intérêt de son partenaire, Forest Oil, à commencer les travaux de forage cette année.
Des aubaines au NYSE
Mine de rien, les indices boursiers ont glissé de tout près de 8 % depuis leur sommet de janvier. Le temps est-il venu de magasiner?
Certainement, répond le gestionnaire Alain Chung de Gestion Claret. Selon lui, les meilleures aubaines se trouvent en ce moment du côté des États-Unis, notamment à la Bourse de New York (NYSE). «On achète des titres de sociétés peu endettées, avec de fortes liquidités en encaisse et offrant un bon dividende annuel», signale-t-il.
Les titres privilégiés? Des actions de grandes compagnies dont les activités ne sont pas cycliques comme Johnson & Johnson (JNJ), Microsoft (MSFT), Coca Cola (KO) et McDonald's (MCD).
M. Chung fait remarquer que ces multinationales profiteront de la montée des économies des pays émergents puisque leurs produits sont déjà bien introduits dans ces marchés.
Dans le cas de Microsoft, l'action du géant informatique se transige autour des 28 $US. La plupart des analystes qui suivent le titre ont établi un prix cible de 33,50 $US d'ici un an.
Alain Chung fait remarquer que la compagnie est assise sur des liquidités d'environ 35 milliards $US, alors que près de la moitié de son chiffre d'affaires est réalisée en dehors des États-Unis.
«Microsoft génère tout près de 2 milliards $US de liquidités chaque trimestre tout en offrant un dividende annuel de 1,8 %», dit le gestionnaire, précisant que l'entreprise de Bill Gates pourrait offrir encore cette année un dividende spécial aux actionnaires.