Avocate de formation, Julie Bédard est la première femme à occuper la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

Julie Bédard: «L’emploi est l’enjeu prioritaire»

Julie Bédard est devenue le 3 janvier la première femme à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec. Elle succède à Alain Aubut. Place à la nouvelle patronne qui fera face à de nombreux enjeux au cours des prochains mois.

Q     Tout d’abord, qui est Julie Bédard?
R    Je suis une avocate de formation. J’ai terminé en 1994. J’ai exercé dans le privé [entre autres à La Capitale et chez Graph Synergie] ainsi que dans de grandes corporations. Au début des années 2000, je suis devenue présidente de la Jeune Chambre de commerce de Québec. L’engagement dans ma communauté m’a aidé à développer mon réseau à travers la province. Par la suite, j’ai décidé de faire mon MBA, ce qui m’a amené à travailler dans des mandats de gestion. Je suis une fille de Québec.

Q    Comme nouvelle présidente et chef de la direction de l’organisation, quel sera votre premier défi?
   Pour moi, le centre de la Chambre, c’est son membership. Il faut s’assurer d’avoir un membership engagé et impliqué pour demeurer un acteur influent [...] pour assurer la prospérité économique de Québec.

Q    Au cours des derniers mois, à plusieurs reprises, la question du problème de transport dans la capitale a fait couler de l’encre. Quelle est votre position au sujet du projet de tramway ou d’un service rapide par bus (SRB)?
R    La mobilité durable est appuyée par la Chambre depuis 2010. Nous appuyons tout ce qui est en lien avec cette vision. Il faut avoir une vision globale en matière de transport. Il faut que Québec soit accessible. Il faut que nos gens soient en mesure de voyager rapidement, et ce, aussi vers l’extérieur de la région, entre autres à l’international.

Q    Plusieurs entreprises ont soulevé au cours des derniers mois des lacunes au sujet du transport collectif dans certains parcs industriels de la région. Avez-vous l’intention de faire pression pour améliorer la situation?
R    Je représente 4500 membres et 1700 entreprises. Pour être capable d’avoir un portrait général de ce que mes membres veulent, je dois les consulter. Actuellement, je peux difficilement prendre position pour un projet. Oui, il faut trouver le moyen pour desservir le plus de gens possible, mais il y a des choix qui vont devoir être faits.

Julie Bédard

Q    La saga du pont de Québec est aussi un dossier chaud des derniers mois. Votre position?
R    Alain a réalisé un travail exemplaire durant trois ans. Il a transporté la Chambre à un tournant. J’ai une vision de continuité. Il faut toutefois comprendre une chose, je suis Julie Bédard et je représente des membres. Je vais continuer les dossiers en ajoutant mon ton et ma couleur pour avoir une version 4.0. Je ne peux pas me positionner sur le dossier du pont sans l’avoir vraiment consulté.

Q    Des entrepreneurs réclament de nouveaux travailleurs. La ville de Québec affiche un taux de chômage de 3,9 %. L’immigration est-elle la solution?  
R    L’emploi est l’enjeu prioritaire. Sans la main-d’œuvre, la croissance de nos entreprises, ce n’est pas possible. [...] Nous avons un dossier que nous regardons présentement étroitement avec le fédéral pour favoriser l’immigration. Il faut que ces personnes souhaitent rester à Québec. L’immigration est essentielle pour soutenir les entreprises.

Q    Comment percevez-vous le projet d’un terminal de conteneurs au Port de Québec?
R    C’est un projet, économiquement parlant, très porteur pour la région. On ne peut pas être contre.

Q    Plusieurs restaurateurs ont souligné souffrir des hausses de taxes successives. Allez-vous les défendre?
R    Actuellement, le maire a mandaté un comité de gens d’affaires pour se pencher sur cette question. Il y a des recommandations qui seront faites. Tant et aussi longtemps que nous n’avons pas de propositions, il est difficile de se prononcer. [...] Pour les enjeux qui peuvent ternir la prospérité et la croissance d’une entreprise, je vais être en mode  solution. Il ne faut pas juste crier. Il faut trouver des solutions avec les autres acteurs.

Q    Des gens d’affaires, comme Peter Simons et Christiane Germain, ont dénoncé dans les médias certaines inégalités fiscales dans leur industrie face à Amazon, Airbnb et compagnie. Allez-vous les soutenir?  
R    Si cela touche la prospérité de leur commerce, c’est certain que je vais me sentir interpellée. [...] Pour moi, appuyer quelqu’un, c’est de prendre les moyens que je juge utiles pour l’aider.