Le principal intéressé ne cache pas ses intentions. Il va postuler pour le poste de président et chef de la direction de l’Aéroport de Québec. Sa lettre de présentation est déjà écrite. Elle devait partir vendredi au plus tard.

John McKenna en lice pour devenir patron de l'aéroport de Québec

EXCLUSIF / Transparence, frais d’atterrissage et communication avec les transporteurs. Trois éléments qui doivent être rapidement améliorés à l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB). Et c’est ce que John McKenna compte faire s’il devient le nouveau patron des lieux.

Depuis plusieurs semaines, l’actuel président de l’Association du transport aérien du Canada (ATAC) réfléchit à son avenir à Ottawa. 

Le principal intéressé ne cache pas ses intentions. Il va postuler pour le poste de président et chef de la direction de l’Aéroport de Québec. Sa lettre de présentation est déjà écrite. Elle devait partir vendredi au plus tard.

Il succéderait ainsi à Gaëtan Gagné qui quittera son poste au cours des prochains mois. Il relèverait du conseil d’administration. 

«J’ai toujours eu de l’intérêt pour l’aéroport de Québec. Il y a du travail à faire», indique-t-il. «On doit changer la culture de l’endroit. Il doit y avoir une transparence absolue et un esprit de collaboration avec les transporteurs plutôt que de confrontation. On ne peut pas conserver le statu quo», analyse celui qui a aussi déjà occupé la chaise de président de l’Association québécoise du transport aérien (AQTA).

Selon M. McKenna, une importante réflexion doit être réalisée à l’interne sur l’avenir de l’organisation, sa gestion et ses finances. 

Parmi les sujets prioritaires, la question des liaisons directes entre l’aéroport de Québec et les grandes villes américaines doit être étudiée.

La direction doit aussi s’attaquer aux frais que doivent débourser les compagnies aériennes pour poser leurs appareils dans la capitale. 

«On doit s’asseoir avec les transporteurs et leur demander : Qu’est-ce qu’il faut faire pour vous inciter à offrir plus de vols chez nous?», souligne le détenteur d’une maîtrise en Études économiques internationales Est-Ouest de l’Université Carleton. 

Selon son descriptif disponible sur le site de l’ATAC, il possède également une maîtrise en administration des affaires de l’Université de Sherbrooke et une maîtrise en administration publique du Kennedy School of Government de l’Université Harvard. Il a aussi occupé différents postes au gouvernement.

«Selon moi, la première chose que les transporteurs vont nous dire, ce sont les frais d’atterrissage qui sont parmi les plus élevés en Amérique du Nord. C’est environ 30 % à 40 % plus dispendieux faire atterrir certains avions à Québec qu’à Montréal», répond M. McKenna. 

Et pourquoi? «Lorsque j’ai posé la question à l’administration, on m’a répondu que tant que la cible de 2,5 millions de passagers n’était pas atteinte, nous allions être plus chers que les autres. Le problème, c’est que tant que les frais sont hauts, l’aéroport n’aura pas 2,5 millions de passagers, et tant qu’il n’y aura pas 2,5 millions de passagers, les frais vont demeurer élevés».

À titre d’information, en 2017, environ 1 670 880 passagers (+ 3,4 %) ont transité par l’aéroport de Québec.

M. McKenna promet aussi de prendre davantage le pouls de la communauté d’affaires de la région afin de bien cerner leurs besoins. Il souhaite aussi collaborer directement avec les responsables de l’industrie touristique et de la municipalité.

«Ce qui est vraiment important, c’est que les responsables de l’aéroport comprennent que leur établissement n’est pas la destination, mais un outil. La destination, c’est Québec. Ce n’est pas la culture que je ressens pour le moment», avance-t-il. «Ce n’est pas vrai que lorsqu’on construit un gros aéroport, les gens vont venir naturellement. Là, nous avons un terminal aussi gros que celui de Winnipeg où il y a 4 millions de passagers...» poursuit celui qui possède toujours une demeure à Stoneham.

John McKenna

Depuis 2015, YQB a injecté 277 millions $ dans différents projets de constructions, dont l’agrandissement de l’aérogare. 

L’argent a également servi pour l’installation de nouvelles technologies, comme des bornes d’enregistrement libre-service et des bornes de dédouanement automatisées libre-service.

M. McKenna tient à préciser qu’il ne remet pas en doute l’efficacité des gestionnaires en place. Il salue également l’outil qui a été développé au cours des dernières années. Maintenant, il veut plus de résultats. 

Au cours des derniers jours, comme plusieurs, il a vu dans les médias les 26 mises en demeure de l’aéroport pour empêcher la sortie du rapport du Comité de travail sur l’accessibilité aérienne. Il qualifie ce geste de «malheureux» et de «désastre». Il déplore le manque de transparence de l’organisation.

«Cet établissement appartient aux Canadiens et aux Québécois, je ne comprends pas pourquoi l’organisation qui a été mandatée pour gérer les lieux n’est pas plus transparente. La question de la transparence ne devrait même pas se poser. Tu gères quelque chose qui ne t’appartient pas», dit M. McKenna.

Quant à la question du centre de prédédouanement, il s’interroge à savoir si Québec en a vraiment besoin. Et quelle sera la facture finale?

«C’est un outil intéressant. Est-ce que nous avons les moyens? Je ne suis pas convaincu. Québec va devoir financer ce projet et il va falloir débourser plusieurs millions de dollars par année pour offrir ce service, notamment pour payer les employés. C’est très dispendieux». 

En novembre dernier, l’aéroport mentionnait que le futur président et chef de la direction devrait entrer en fonction «au printemps ou à l’été 2019».

Récemment, une rumeur voulait que le député libéral de Jean-Talon, Sébastien Proulx, regardait pour la chaise de président de l’aéroport. Mercredi, il a nié avoir de l’intérêt.