Jocelyn Dupuis au palais de justice de Montréal, vendredi.

Jocelyn Dupuis condamné... et libéré

Jocelyn Dupuis, l'ex-directeur général de la FTQ-Construction, a été condamné à un an de prison, menotté et emmené en cellule, vendredi, avant d'être finalement remis en liberté en attendant que la cause soit entendue en appel.
Le juge Denis Lavergne lui avait imposé des peines concurrentes de 12 mois pour chacune des deux accusations pour lesquelles il a été reconnu coupable en septembre dernier, soit une de fabrication de faux et une de fraude totalisant plus de 63 000 $.
Son avocat, Jean-Daniel Debkoski, avait aussitôt indiqué qu'il demanderait sa remise en liberté puisque le verdict de culpabilité a été porté en appel. Il était convaincu que de ne pas voir son client moisir en prison longtemps. Il ne s'était pas trompé, son client étant libéré peu de temps après.
«La dimension sur laquelle le juge a insisté pour incarcérer M. Dupuis, c'est la dissuasion générale et non pas [parce que] Monsieur représentait un danger pour la société. Alors comme on envoie un message à la société, on peut attendre que l'appel soit entendu avant d'envoyer le message», avait indiqué le juriste à la sortie du tribunal.
Financement d'activités syndicales
Jocelyn Dupuis a toujours affirmé que les sommes détournées servaient à financer des activités syndicales et la FTQ-Construction elle-même a soutenu cette version. Elle n'a d'ailleurs jamais porté plainte et a nié avoir été victime de vol et de fraude.
Le juge Denis Lavergne a toutefois rejeté ces prétentions. «L'affirmation [de la FTQ-Construction] est nettement contredite par les faits au procès», a indiqué le magistrat en rendant la peine.
Selon le juge, il est clair hors de tout doute qu'un crime a été commis, qu'il y a une victime et que «cette victime, c'est la FTQ-Construction elle-même».
«Le patrimoine de la FTQ-Construction s'est trouvé privé de 63 000 $», et ce, sur la seule «courte période» de décembre 2007 à novembre 2008.