«D'ici trois ans, on aimerait avoir cinq Jean-Paul Fortin et une douzaine de Clarks en Ontario», indique François Monat, copropriétaire et président du détaillant de chaussures Jean-Paul Fortin.

Jean-Paul Fortin met les pieds à Toronto

Le détaillant de chaussures Jean-Paul Fortin débarque dans la Ville Reine, à Yorkville Village, avec comme voisin des bannières comme Chanel, Gucci, Christian Louboutin et Jimmy Choo.
«Il est difficile d'avoir mieux comme emplacement pour ouvrir une première succursale à l'extérieur de la province. C'est une visibilité incroyable. C'est un secteur où l'on retrouve plusieurs boutiques haut de gamme», indique au Soleil le copropriétaire et président de Jean-Paul Fortin, François Monat. Le magasin d'une superficie de 2600 pieds carrés ouvrira ses portes le 1er septembre. Un investissement de 850 000 $.
Cette ouverture est la première phase du plan d'expansion des propriétaires. D'ici trois à cinq ans, le groupe québécois qui détient actuellement 23 boutiques, dont 12 sous la bannière Clarks, espère atteindre le plateau des 40 points de vente du côté de l'Ontario et du Québec. D'ailleurs, un magasin Clarks ouvrira en septembre aux Galeries de la Capitale.
Et après, selon le plan d'affaires, si tout se déroule comme prévu, direction l'Alberta et Vancouver. Des offres affluent aussi de en provenance de l'est, des provinces maritimes. Rien de moins! 
«C'est l'objectif! Toronto est une première étape», avance M. Monat, patron d'une famille de 200 personnes. La prudence sera toutefois de mise. «Il faut prendre le temps. Je serais étonné que nous fassions un home run sur toute la ligne. Nous allons devoir nous adapter aux consommateurs et apprendre à connaître le marché», poursuit celui qui a prévu une enveloppe budgétaire de «plusieurs millions de dollars» pour réaliser son projet d'expansion.
Présence stratégique
Pour Jean-Paul Fortin, le marché de l'Ontario n'est pas si inconnu. Le Groupe détient deux magasins de chaussures Clarks à Brampton et à Burlington. D'ailleurs, cette bannière, dont Jean-Paul Fortin est franchisé, devrait également faire d'autres petits à travers le marché ontarien à court terme.
«Le fait d'être présent physiquement à un endroit donne confiance aux consommateurs pour la marque. C'est un peu la stratégie de Simons», indique le président. «Nous allons également regarder pour d'autres opportunités de magasins Clarks. On veut pousser les deux bannières. D'ici trois ans, on aimerait avoir cinq Jean-Paul Fortin et une douzaine de Clarks en Ontario», poursuit l'entrepreneur originaire de la capitale. 
Il a débuté dans le monde de la chaussure en 1983 en compagnie de sa conjointe avec une boutique à Trois-Rivières. En 1997, il mettait le grappin sur la compagnie de Paul Fortin. Ce dernier avait choisi de donner à son commerce le nom de la rue sur laquelle se trouvait son premier point de vente, soit sur la rue Saint-Jean, à Québec. 
Afin d'appuyer le plan d'expansion de l'entreprise, dont le siège social est basé dans Lebourgneuf, la signature de Jean-Paul Fortin sera également revue au cours des prochains mois. 
Sur le Web
Pour une éventuelle incursion au sud de la frontière canadienne, M. Monat ne ferme pas la porte. Toutefois, la possibilité d'ouvrir un point de vente ne figure pas dans les plans de la direction pour le moment. La première expansion se fera via le Web. Actuellement, la compagnie enregistre environ 10 % de ses ventes sur son site transactionnel, disponible seulement pour les Canadiens. 
«Le Web, c'est le véhicule par excellence pour faire connaître la marque et nos produits. Nous avons encore beaucoup de travail à faire au Canada. L'une des opportunités que l'on voit, c'est dans le nord-est des États-Unis avec le marché de la botte d'hiver», souligne M. Monat, qui a vu les ventes du groupe grimper de 9 % l'an dernier. «Être une compagnie québécoise, cela amène parfois une saveur distinctive dans les marchés anglophones», ajoute-t-il. 
Fondé à Québec en 1964, Jean-Paul Fortin détient, en plus des magasins Clarks et Jean-Paul Fortin, deux boutiques Les Pieds sur Terre et un magasin Le Placard. 
Malgré la récente disparition et la restructuration de plusieurs grands joueurs du commerce de détail, comme La Baie et Sears, M. Monat est d'avis que le commerce de détail est en santé. «Pour nous, cela n'a jamais été aussi bon. Il y a moyen de tirer son épingle du jeu actuellement dans le retail. Il faut offrir le bon produit», conclut-il.