Jean-Guy Paquet a participé à sa dernière assemblée générale annuelle sortant à titre de président du conseil d'administration de l'Institut national d'optique, jeudi. L'ancien pdg Jean-Yves Roy le remplacera.

Jean-Guy Paquet part en redemandant 25 M$ pour l'INO

«Lorsque vous prenez votre voiture [...] et que vous circulez sur l'autoroute, vous avez deux choix : ou bien vous dépassez, ou bien vous suivez. Sinon, mieux vaut rester chez vous!»
Pour son dernier discours à la tête du conseil d'administration de l'Institut national d'optique (INO), Jean-Guy Paquet a repris pour illustrer les ambitions du centre de recherche les propos de l'ancien patron de Chrysler Canada, Yves Landry, lors de sa dernière conférence dans la capitale. Et pour l'ancien recteur de l'Université Laval, il n'est pas question de faire du surplace ou de suivre la parade.
Il faut être un leader mondial dans la conception et la recherche en optique photonique. Et pour y parvenir, ça prend toutefois des billets verts.
Jeudi, lors du dévoilement de ses résultats financiers 2016-2017, l'INO a réitéré sa demande de 25 millions $ auprès du gouvernement fédéral. Au printemps, le gouvernement provincial avait mis un montant identique sur la table. 
Pour la petite histoire, rappelons qu'en 2016, les deux paliers de gouvernement avaient octroyé à l'organisation un coup de pouce de 50 millions $ chacun pour les cinq prochaines années. L'INO réclamait toutefois 75 millions $ au provincial ainsi qu'au fédéral afin de rivaliser à armes égales avec ses concurrents d'un océan à l'autre et également pour poursuivre sa croissance.
«Grâce à la contribution additionnelle de 25 millions du gouvernement du Québec, l'INO se positionnera dans la grande région de Montréal [avec l'ouverture d'un bureau] en aidant les entreprises qui souhaitent faire affaire avec nous pour investir dans leur productivité et ainsi accroître leur compétitivité», avance M. Paquet. «Nous sommes déterminés à aller plus loin, en accroissant notre présence en Ontario et dans l'Ouest canadien. Pour y arriver, nous devons absolument pouvoir compter sur la contribution additionnelle de 25 millions $ du gouvernement fédéral avec qui nous négocions depuis plusieurs mois», poursuit-il, visiblement ému durant son discours. 
Succédé par Jean-Yves Roy
Avec raison, M. Paquet est l'un des piliers fondateurs de l'Institut qui a vu le jour dans la région en 1985. D'ailleurs, un hommage lui a été rendu, jeudi. Il estime maintenant laisser la maison en ordre. Il va demeurer dans l'organisation comme membre du conseil d'administration et comme conseiller stratégique. 
C'est l'ancien président-directeur général, Jean-Yves Roy, qui prendra la relève. Et Alain Chandonnet, fondateur de TeraXion, occupera la chaise de pdg. 
«L'INO est en progrès. Chaque année, nous créons de nouvelles entreprises. [...] L'organisation a maintenant des projets d'expansion. On veut vraiment procéder à l'expansion de l'INO partout au pays, notamment dans l'Ouest canadien», souligne M. Paquet, impliqué dans l'aventure depuis plus de 23 ans. «Depuis le début, les chercheurs sont allés chercher 500 millions $ en contrats de recherche. C'est unique dans l'histoire des centres de recherche. Cela n'existe pas au Canada des centres qui s'autofinancent à 50 %», poursuit-il.
Pour sa dernière année financière, l'INO a vu ses revenus globaux chuter de 37,7 millions $ à 34,6 millions $. Les revenus externes ont notamment baissé de 4 millions $ comparativement à l'an dernier, pour atteindre 16,4 millions $.
Deux entreprises essaimées ont vu le jour au cours des derniers mois, soit FlyScan, qui se spécialise dans la détection à distance de fuites de pétrole dans les pipelines souterrains, et Swiftsure Spatial Systems, une jeune pousse basée en Colombie-Britannique, qui se spécialise dans le développement de solutions d'imagerie pour la détection, la reconnaissance, la surveillance et l'aide à la décision. 
L'INO a également collaboré sur des projets avec Nano Retina, qui vise à redonner la vue aux personnes l'ayant perdue à cause de maladies dégénératives, et SureShot Solutions, qui a développé une technologie permettant aux entreprises de restauration rapide de servir plus rapidement un breuvage chaud à partir des distributrices. L'organisation a également collaboré sur un projet avec YKK Canada pour développer un nouveau système d'inspection pour la production de fermetures à glissière. 
L'Institut prévoit embaucher 110 nouveaux cerveaux d'ici 2020, alors qu'il compte présentement environ 190 employés. En plus d'avoir favorisé la création de 32 entreprises qui font travailler plus de 2000 personnes, l'INO a réalisé 69 transferts technologiques et détient 255 brevets.