Après avoir infligé des droits de douane de 25 % sur 50 milliards de dollars d'importations chinoise, Washington a menacé de porter à un total de 450 milliards de dollars la valeur des produits chinois qui seraient taxés à leur entrée aux États-Unis.

Investissements: Washington pourrait rendre la vie plus difficile aux Chinois

WASHINGTON — L'administration Trump pourrait faire grimper d'un cran les tensions commerciales avec la Chine avec la publication prévue en fin de semaine d'un rapport du gouvernement sur d'éventuelles restrictions aux investissements chinois sur le territoire américain.

Cette menace avait déjà été agitée par la Maison-Blanche fin mai au nom de la «sécurité nationale» des États-Unis pour lutter contre le «vol de propriété intellectuelle» et ce qui est considéré par Washington comme une «concurrence déloyale» de la part de Pékin.

Selon la presse, ces restrictions, qui pourraient être annoncées le 29 juin, visent d'une part à empêcher des entreprises chinoises d'acquérir des entreprises américaines versées dans les technologies. D'autres mesures pourraient aussi bloquer de nouvelles exportations technologiques vers la Chine.

Le Trésor américain prépare de nouvelles règles qui interdiraient à des compagnies détenues à plus de 25 % par des capitaux chinois de racheter des entreprises intervenant dans les nouvelles technologies, a affirmé le Wall Street Journal. Cela concernerait des secteurs comme l'automobile électrique, la robotique ou l'espace, selon Bloomberg News.

Mais dans un tweet lundi matin, alors que Wall Street plongeait sur ces nouvelles, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a assuré que ces informations, dont l'idée avait déjà été lancée par la Maison-Blanche fin mai, étaient «de fausses nouvelles».

Il a toutefois confirmé qu'il y aurait une annonce qui ne viserait «pas spécifiquement la Chine, mais tous les pays qui essayent de voler notre technologie».

Peu de temps après, alors que l'indice Dow Jones, ébranlé par les perspectives d'une escalade dans la guerre commerciale, terminait en forte baisse (- 1,33 %), le conseiller du président Trump pour le commerce, Peter Navarro est intervenu sur la chaîne CNBC avec des propos semant la confusion.

«Que du ciel bleu»

«Nous ne prévoyons d'imposer à aucun pays des restrictions aux investissements», a-t-il assuré, tout en admettant qu'il avait «été demandé au département du Trésor d'examiner la question des restrictions aux investissements» dans un rapport, d'ici la fin du mois.

«Le marché a surréagi», a martelé M. Navarro assurant qu'il n'y avait «que du ciel bleu à l'horizon» pour l'économie américaine.

Après avoir infligé des droits de douane de 25 % sur 50 milliards de dollars d'importations chinoise, Washington a menacé de porter à un total de 450 milliards de dollars la valeur des produits chinois qui seraient taxés à leur entrée aux États-Unis.

«Chantage»

Pékin y a répliqué en annonçant des droits de douane «identiques» et a crié au «chantage» de la part des États-Unis.

Selon Martin Chorzempa, expert au Peterson Institute, cette nouvelle offensive américaine comporte des risques de représailles de la part de la Chine.

«Ils ont un énorme éventail d'outils pour faire pression sur les compagnies américaines», a-t-il averti, soulignant combien Apple ou General Motors dépendaient de la Chine.

De multiples mesures de rétorsion sont possibles allant de la rétention de marchandises dans les ports d'entrée aux gels d'autorisations administratives, a indiqué cet expert à l'AFP.