Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne (à droite)

Investissements étrangers: le ministre Champagne veut faciliter les choses

En mettant sur pied un organisme qui vise à attirer les investissements étrangers au Canada, Ottawa assure qu’il n’alourdira pas davantage le démarchage déjà effectué par des agences comme Investissement Québec (IQ) et Montréal International.

Selon le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, «Investir au Canada» aura plutôt une mission de «coordination» visant à offrir un service intégré à guichet unique aux investisseurs étrangers.

«La plupart des pays du G-7 ont déjà une agence comme celle-là, a-t-il expliqué, mardi, au cours d’un point de presse à Montréal. Je pense que l’on rattrape un peu de retard.»

Après avoir annoncé l’initiative la veille, M. Champagne était dans la métropole pour rencontrer les gens d’affaires en compagnie du dirigeant de l’agence, Ian McKay, et du président du conseil d’administration, l’homme d’affaires montréalais Mitch Garber.

Le gouvernement Trudeau consacre à l’agence - qui sera établie à Ottawa mais qui aura des bureaux régionaux à l’échelle du pays - un budget de 218 millions $ pour les cinq prochaines années.

La création d’«Investir au Canada» survient au moment où les investissements directs étrangers effectués au Canada n’ont été que de 33,8 milliards $ l’an dernier, selon Statistique Canada. 

Cette performance, qui constitue un creux de sept ans, est bien loin du sommet de 126,1 milliards $ atteint en 2007.

«Nous avions besoin d’une vision qui regarde le Canada avec les yeux d’un investisseur étranger», a expliqué M. Champagne, soulignant au passage que l’agence en était encore à un stade embryonnaire.

Le Québec s'en tire bien

Si la tendance des investissements étrangers est à la baisse à l’échelle nationale, le Québec a échappé au phénomène, du moins l’an dernier.

Montréal International a connu une excellente année avec plus 2 milliards $ d’investissements de la part d’entreprises étrangères, en hausse de 50 % par rapport à 2016. 

De son côté, pour l’exercice 2016-2017, Investissement Québec - le bras financier du gouvernement québécois - dit, dans son rapport annuel, avoir «facilité la concrétisation» de 65 projets dont la valeur est estimée à environ 1,5 milliard $.

M. Garber a estimé qu’il était nécessaire qu’un organisme fédéral tente d’inverser la tendance observée à l’échelle nationale, disant s’être impliqué afin d’insuffler une dose «d’entrepreneuriat» à l’agence.

«Nous avons besoin de conseillers à l’étranger pour nous aider à convaincre des entreprises à venir ici, a dit l’ex-dragon et président du conseil d’administration du Cirque du soleil. Je crois que je peux aider à faciliter le réseautage.»

Dans l’ensemble, la quasi-totalité des associations d’affaires et patronales ont accueilli favorablement la création de cette agence alors que la concurrence entre les grandes villes pour séduire les entreprises est de plus en plus féroce.

Les différents intervenants devront «bien jouer leurs cartes» pour éviter un alourdissement de la bureaucratie, a souligné le président-directeur général de Montréal International, Hubert Bolduc, qui croit néanmoins que l’organisme fédéral facilitera le traitement des dossiers.

«Auparavant, lorsque nous avions besoin d’une réponse rapide d’Ottawa, c’était à ce moment que c’était plus difficile, a-t-il expliqué au cours d’un entretien. Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. Désormais, nous aurons un intervenant au niveau fédéral pour prendre le relais rapidement.»

Même si «Investir au Canada» n’en est qu’à ses premiers pas, M. Bolduc s’est dit confiant de constater rapidement une accélération par le fédéral des demandes reçues par les différents organismes du milieu des affaires.