Sans surprise, l’augmentation du nombre de gestionnaires a eu un impact sur la masse salariale du bras investisseur du gouvernement du Québec. Le salaire des cadres est passé entre 2016-2017 et 2017-2018 de 9,1 millions $ à 14,3 millions $. Il s’agit d’une augmentation de 57 %.

Investissement Québec refuse de dévoiler le montant des primes versées

Contrairement aux autres sociétés d’État, Investissement Québec (IQ) refuse de divulguer les montants consentis en primes à ses employés et à ses cadres pour l’exercice financier 2017-2018.

Malgré une demande d’accès à l’information du Soleil, la société d’État n’a pas voulu fournir l’information et s’est réfugiée derrière plusieurs articles de loi. Elle mentionne que ces montants seront rendus publics en commission parlementaire lors de l’étude des crédits 2019-2020.

L’an dernier, IQ avait pourtant accepté de fournir ces informations. Il faut dire que cette année la société d’État a vu son nombre de gestionnaires  bondir de 72,5 % (+51) pour s’établir à 88. Pendant ce temps, le nombre d’employés a grimpé de 3,3 % (+14) pour atteindre 427 travailleurs.

Sans surprise, l’augmentation du nombre de gestionnaires a eu un impact sur la masse salariale du bras investisseur du gouvernement du Québec. Le salaire des cadres est passé entre 2016-2017 et 2017-2018 de 9,1 millions $ à 14,3 millions $. Il s’agit d’une augmentation de 57 %.

À ce montant, il faut aussi ajouter les avantages — assurances, fonds de pension et abonnement à une clinique médicale privée — versés aux gestionnaires qui sont passés de 1,1 million $ à 1,75 million $.

En 2015-2016, IQ avait versé en primes 3,3 millions $ et 3,2 millions $ en 2016-2017.


« Il y a deux ou trois statistiques qui sont embarrassantes pour Investissement Québec, entre autres, la masse salariale des gestionnaires. Il y a également eu l’épisode au cours duquel l’organisation n’a pas voulu dévoiler son organigramme »
François Bonnardel, député caquiste

«Statistiques embarrassantes»

Pour le député caquiste François Bonnardel, le gouvernement Couillard cherche à cacher certaines informations.

«Il y a deux ou trois statistiques qui sont embarrassantes pour Investissement Québec, entre autres, la masse salariale des gestionnaires. Il y a également eu l’épisode au cours duquel l’organisation n’a pas voulu dévoiler son organigramme», rappelle le leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition. «Cela montre que la culture de transparence du gouvernement de M. Couillard et de Dominique Anglade depuis quatre ans, mon oeil. [...] Je suis persuadé qu’ils ne veulent pas avoir d’élément négatif dans les journaux avant les élections», poursuit-il.

Le député de Granby espère maintenant que malgré le fait que la campagne électorale approche à grands pas, la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Mme Anglade, sera en mesure de demander à IQ de divulguer ces informations.