Au total, 18 employés chez Investissement Québec travaillent dans des bureaux à l’étranger. Leur empreinte sur la masse salariale a été d’un peu plus de 1,88 million $ en 2017.

Investissement Québec: des frais de 3,5 M$ pour des bureaux à l’étranger

L’aventure d’Investissement Québec (IQ) à l’étranger aura nécessité des dépenses de 3,5 millions $ en 2017.

Selon une demande d’accès à l’information, IQ détient 12 bureaux à l’extérieur du Canada pour investir dans des entreprises, mais aussi pour faire la promotion du Québec. Ils sont situés au pays de Donald Trump, en Europe et du côté de l’Asie, à Tokyo, à Séoul et à Beijing.  

Au total, 18 employés travaillent actuellement dans ces locaux à travers le monde. Leur empreinte sur la masse salariale a été d’un peu plus de 1,88 million $ en 2017. Ce qui représente un salaire avec primes d’environ 105 000 $ par travailleur.

Mentionnons que les bureaux de Munich et de Stockholm sont toujours actifs, mais qu’il n’y a pas de personnel pour le moment en «raison de difficulté de recrutement».

C’est à New York et à Londres où les frais de location et d’entretien des bureaux ont été les plus élevés. La facture annuelle est de respectivement 254 422 $ dans la Grosse Pomme et de 254 197 $ en sol anglais. On compte dans chaque bureau deux travailleurs.

Lorsqu’on regarde la liste des sites où IQ a pris racine au cours des dernières années, Paris est la ville qui compte le plus de personnel avec trois employés, dont un recruté localement.


« L’idée est d’être localisé dans les endroits stratégiques à travers le monde pour être capable de rayonner de la bonne façon et de rencontrer des entreprises »
Paul Buron, premier vice-président, gestion des mandats et des programmes gouverne­mentaux chez IQ

«Nos bureaux sont situés dans les délégations du Québec. On partage les locaux avec notre actionnaire. Cela nous permet de bénéficier d’économies d’échelle», précise Paul Buron, premier vice-président, gestion des mandats et des programmes gouverne­mentaux chez IQ. «Il n’y a pas de frais lorsqu’il n’y a pas d’employé. On se fait charger notre quote-part dans la mesure où on occupe», poursuit-il.

«70 projets»

Bien que les investissements d’IQ soit considérables à l’étranger, le bras investisseur du gouvernement du Québec refuse de fournir le rendement de chaque bureau en évoquant «des fins de protection de la compétitivité de l’organisme».

Dans son rapport financier, on peut toutefois lire que les activités de prospection à l’étranger menées cette année et au cours des dernières années ont permis de concrétiser en 2017 «70 projets, notamment dans le secteur de l’agroalimentaire, d’une valeur de 2,2 milliards $».

«Au total, 42 filiales de sociétés étrangères déjà présentes au Québec prendront de l’expansion et 28 entreprises étrangères implanteront de nouvelles activités au Québec», précise dans son rapport IQ.

Selon M. Buron, les bureaux à l’étranger sont très salutaires pour l’économie québécoise.

«L’idée est d’être localisé dans les endroits stratégiques à travers le monde pour être capable de rayonner de la bonne façon et de rencontrer des entreprises», avance-t-il. «Est-ce que nous avons l’intention d’augmenter le nombre de bureaux? Il n’y a pas de projet à court terme, mais c’est quelque chose qu’on regarde de façon régulière», poursuit-il.

Ce dernier précise que son organisation travaille actuellement à revoir sa stratégie à l’étranger entre autres en raison du protectionnisme des États-Unis et du taux de chômage (5,4%) au Québec.

«Il faut voir quelle industrie nous sommes capables d’aller chercher pour maximiser les retombées économiques contenues de la situation de l’emploi», souligne-t-il.«La montée du protectionnisme américain a également fait en sorte que les arguments de vente du Québec doivent être adaptés. [...] Il faut qu’on regarde de plus en plus du côté de l’Europe et de l’Asie».

Récemment, la société d’État a annoncé que pour la première fois depuis sa fusion en 2011 avec la Société générale de financement être en mesure de verser un dividende au gouvernement provincial. Elle a rapporté un bénéfice net de 264 millions $, une augmentation de 21,7 %.

Au cours de la dernière année, IQ a réalisé plusieurs embauches dans ses rangs, ce qui lui a valu certaines critiques. Le nombre d’employés a grimpé de 11 % (+ 51) pour atteindre 515 travailleurs permanents. Du côté des gestionnaires, la hausse a été de 72,5 % pour atteindre 88 postes.