Le futur siège social du Groupe TAQ à Québec.

Investissement de 14 millions $. Les grandes ambitions du Groupe TAQ

Freiné dans sa croissance par un manque criant d’espace dans ses installations actuelles, le Groupe TAQ se donne les moyens de ses ambitions et annonce la création de 225 emplois d’ici 2023 dont 150 pour des personnes handicapées. Ses effectifs passeront alors 290 à plus de 500 travailleurs.

À compter du mois de novembre, l’entreprise adaptée de Québec déménagera ses pénates dans un nouveau siège social de 115 000 pieds carrés sur la rue Rideau.

L’entreprise va ainsi rapatrier sous un même toit la majeure partie de ses opérations manufacturières qui sont actuellement réparties dans cinq usines dans la région de Québec. Ce grand bouleversement ne touche pas les nouvelles installations du Groupe TAQ à Saint-Augustin-de-Desmaures qui se consacrent à la fabrication de produits alimentaires sans arachide.

Ce projet représente un investissement de 14 millions $.

Pour le financer, le Groupe TAQ a vendu son immeuble sur la rue Michel-Fragasso. Il a pu aussi compter sur un coup de pouce du gouvernement du Québec totalisant 5,6 millions $ incluant un prêt de 4 millions $ d’Investissement Québec.

Par l’entremise d’une campagne de financement coprésidée par le maire de Québec, Régis Labeaume, et le vice-président des opérations de Chocolats Favoris, Charles Auger, le Groupe TAQ espère amasser une cagnotte de 2 millions $. Près de 800 000 $ ont déjà été récoltés.

«Nous nous donnons les moyens de répondre à la demande de clients qui sont de plus en plus nombreux à venir cogner à notre porte et d’offrir un environnement de travail stimulant et adapté à la réalité et à la condition particulière de nos employés», indique le directeur général de l’entreprise Gabriel Tremblay. «Nous nous donnons aussi de l’espace pour créer des emplois. Actuellement, tous nos pieds carrés sont utilisés.»

Croissance «fulgurante»

Fondé en 1979, le Groupe TAQ offre des solutions sur mesure en sous-traitance industrielle et en préparation postale à plus de 400 clients.

Parmi eux, il y a Biscuits Leclerc, Atrium Innovations, ABB et SSQ Groupe financier. C’est le Groupe TAQ, par exemple, qui fabrique la fondue au chocolat de Chocolats Favoris. C’est aussi le Groupe TAQ qui fait l’emballage des colis pour la Maison Simons.

Alors que la rareté de main-d’œuvre bat son plein, le Groupe TAQ enlève une épine dans le pied de ses clients en réalisant, pour eux, diverses tâches n’exigeant pas le recours à une main-d’œuvre spécialisée.

Gabriel Tremblay signale que l’entreprise connaît une croissance «fulgurante».

Tout juste au-dessus de 2,2 millions $ en 2012-2013, ses ventes ont atteint un peu moins de 9 millions $ en 2017-2018. «Nous les évaluons actuellement à 9,5 millions $», précise le dirigeant en entrevue au Soleil.

«Parce qu’ils n’arrivent plus à dénicher la main-d’œuvre dont ils ont cruellement besoin, les employeurs se tournent de plus en plus vers la sous-traitance et les entreprises comme la nôtre pour effectuer certaines opérations manufacturières.»

L’aide indispensable de l’État

Le Groupe TAQ n’est pas une entreprise comme une autre. À l’instar des autres entreprises adaptées au Québec, sa mission est de réaliser l’intégration socioprofessionnelle des personnes handicapées.

Sur les 290 travailleurs qui gagnent leur croûte au Groupe TAQ, 190 sont des personnes handicapées. L’entreprise veut en embaucher 150 de plus d’ici 2023.

Ces personnes sont reconnues productives, mais non compétitives.

Ça veut dire, en d’autres mots, qu’elles ont besoin d’une bonne dose d’encadrement pour réaliser leur travail.

Ça implique des coûts supplémentaires pour les entreprises adaptées.

«Nous ne pouvons pas continuellement refiler la facture à nos clients», fait valoir Gabriel Tremblay. L’aide de l’État est indispensable. Or, cette aide est insuffisante. «Elle ne nous permet pas de poursuivre notre croissance», souligne M. Tremblay tout en déplorant le fait que la Stratégie nationale pour l’emploi des personnes handicapées n’a pas été déposée comme promis par le gouvernement de Philippe Couillard.

«C’est une grande déception pour toutes les entreprises adaptées. Tôt ou tard, j’ai confiance qu’elle sera rendue publique, et ce, peu importe la couleur du prochain gouvernement.»

Gabriel Tremblay croit dur comme fer que les personnes handicapées constituent une partie de la solution à la rareté de main-d’œuvre dans la Belle Province.

«Dans la région, il y en a 10 000 à l’aide sociale et des centaines qui sortent, chaque année, des écoles spécialisées. Il suffirait de prendre l’argent dépensé à l’aide sociale pour ces personnes et de le transformer en subventions salariales. Ça ne coûterait pas une cenne à l’État et les employeurs, comme nous, pourraient poursuivre leur croissance et aider leurs clients à faire face à la pénurie de travailleurs.»