L’investissement permettra un agrandissement d’une dizaine de milliers de pieds carrés.

Investissement de 12 M$ chez Texel à Sainte-Marie

Propriétaire de Texel depuis juillet 2016, la société américaine Lydall annonce un investissement de 12 millions $ à son usine de Sainte-Marie en Beauce.

Une nouvelle ligne de production sera bientôt mise en opération et une vingtaine d’emplois seront créés.

Texel est l’un des plus importants fabricants de matériaux non tissés en Amérique du Nord. L’entreprise est présente dans plusieurs marchés, dont ceux de l’automobile, de la filtration, de l’horticulture et des matériaux géotextiles, notamment pour la stabilisation, la protection et le renforcement des aménagements routiers et le contrôle de l’érosion.

Elle fait travailler entre 350 et 375 personnes.

Connu sous le nom d’ADS, Texel appartenait jadis aux frères Paul, Guy et René Drouin.

Inscrite à la Bourse de New York, Lydall (NYSE: LDL, 23,11 $US) a déplié 96 millions $US pour mettre le grappin sur Texel il y a un peu plus de deux ans.

La transaction comprenait les usines beauceronnes de Saint-Elzéar et de Sainte-Marie, celle de Sherbrooke et un centre de distribution situé à Boucherville.

Évoluant dans l’industrie des matériaux techniques, la multinationale de Manchester, au Connecticut, possède une trentaine d’usines aux quatre coins de la planète.

«Cette nouvelle ligne de production est une initiative stratégique qui permettra de répondre rapidement à nos besoins en matière de capacité de production afin de supporter la croissance des affaires de notre clientèle», a indiqué le vice-président et directeur général de Texel, Guy Bérubé, en soulignant que l’usine de Sainte-Marie roulait actuellement à plein régime. L’investissement de 12 millions $ permettra un agrandissement d’une dizaine de milliers de pieds carrés.

«Il s’agit d’une belle marque de confiance de Lydall à l’égard de Texel», a poursuivi M. Bérubé. «Cet investissement aura une incidence positive pour toutes nos équipes.»

Une bonne nouvelle...pour faire changement!

En entrevue avec Le Soleil, Guy Bérubé a mentionné qu’il avait lui-même demandé à son équipe du marketing d’envoyer aux médias le communiqué annonçant l’investissement de 12 millions $ d’une grande société américaine dans la Belle Province.

«Après le lot de mauvaises nouvelles de dernières semaines, ça fait du bien d’en entendre une bonne !», insistait M. Bérubé au bout du fil.

Les Québécois ont encore frais en mémoire la décision de Lowe’s de fermer 25 commerces achetés à Rona en 2016.

Ou encore celle, plus récente, de PPG de mettre la clé sous la porte de l’usine Sico de Beauport et du centre de distribution de Longueuil. Une entreprise née au Québec, Sico était passée dans le giron de l’américaine PPG en 2012.

«Quand Lydall a fait notre acquisition, nous avions des plans d’expansion dans nos cartons. Nos nouveaux propriétaires nous ont suggéré d’être patients. Ils nous accordaient deux ans pour voir ce que nous avions dans le ventre. Ils ont tenu parole. Lydall a reconnu que nous avions ici des gens vaillants, productifs et imaginatifs. Nous sommes tous au septième ciel !», signale Guy Bérubé.

«Au sein de la multinationale, il faut savoir se démarquer», martèle le patron de Texel. «Ces 12 millions $, Lydall aurait pu l’investir dans n’importe laquelle de ses usines dans le monde. Au sein de la société, les usines sont continuellement en compétition les unes contre les autres pour l’obtention des sommes d’argent consacrées aux projets d’investissement. Et souvent, au Québec, nous sommes un peu défavorisés par notre position géographique. Nos compétiteurs à l’interne sont au sud de la frontière. Il faut donc être imaginatif pour être compétitif et réduire l’impact des coûts de transport qui sont toujours plus élevés pour nous.»

Le défi: la main-d’oeuvre

Pour le moment, Texel prévoit être en mesure de trouver dans ses murs le personnel dont elle aura besoin pour faire rouler la nouvelle ligne de production.

«Nous allons utiliser des ressources qui sont actuellement affectées à des lignes de production moins performantes, notamment les opérations liées à la finition de nos produits.»
N’empêche que la rareté de main-d’oeuvre, «ça demeure un sérieux problème», rend compte Guy Bérubé.

En avril dernier, Le Soleil rapportait que Texel — dans le bout de trouver le personnel dont elle a besoin pour ses quarts de nuits — proposait à ses travailleurs d’être au poste 32 heures par semaine la nuit, mais d’être rémunérés pour une durée de 40 heures.