L'inversion de la ligne 9B n'aura pas pour effet d'augmenter la capacité de raffinage de Valero (photo) qui demeurera à 265 000 barils par jour, mais plutôt de diversifier la source d'approvisionnement en pétrole brut léger.

Inversion de la ligne 9b d'Enbridge: la Rive-Sud satisfaite

Lévis et la Chambre de commerce se réjouissent que l'Office national de l'énergie (ONE) ait donné le feu vert à la compagnie pétrolière Enbridge pour inverser le flux de pétrole qui coule actuellement d'est en ouest le long de la ligne 9B.
«Il s'agit d'une décision qui augmentera la sécurité de la population de Lévis puisque le projet d'Enbridge permettra de limiter l'approvisionnement de pétrole par transport ferroviaire», fait valoir le maire Gilles Lehouillier par communiqué.
L'inversion de la ligne 9B n'aura pas pour effet d'augmenter la capacité de raffinage de Valero qui demeurera à 265 000 barils par jour, mais plutôt de diversifier la source d'approvisionnement en pétrole brut léger. Cependant, en l'absence du projet, la raffinerie aurait dû augmenter le nombre de convois ferroviaires de pétrole brut léger en provenance de l'Ouest.
«Pour nous, c'est une sécurité supplémentaire puisque de 50 % à 60 % de ce pétrole proviendra de Montréal par navire-citerne. Il y aura donc moins de trains-blocs en circulation sur les territoires urbains, dont Lévis. Dans le contexte de la tragédie de Lac-Mégantic, c'est un élément très positif», ajoute le maire.
Par ailleurs, si les manoeuvres d'accostage et de transbordement aux installations portuaires de Valero seront inévitablement augmentées, il n'est pas question de remettre en cause la sécurité des citoyennes et des citoyens, assure M. Lehouillier. «La Ville de Lévis suivra de près les actions des navires pour savoir entre autres quels types de matières vont être transportés et à quelle fréquence.»
Économies
L'inversion du flux de pétrole permettra d'économiser beaucoup d'argent sur le prix du baril, calcul la Chambre de commerce.
«Un accès facilité à ce pétrole de source sûre et disponible à meilleur coût que les approvisionnements actuels, lesquels proviennent essentiellement de l'étranger, est une excellente nouvelle pour notre ville et notre région», souligne Jérôme Jolicoeur, président de la Chambre de commerce de Lévis.
«Le coût d'acquisition du baril de pétrole entre celui qu'on reçoit présentement d'Afrique du Nord et de la mer du Nord est de 17 $ à 18 $ plus cher d'acquisition que celui qui peut venir d'Alberta ou du centre du continent nord-américain», estime quant à lui Jérôme Gaudreault, directeur général de la Chambre de commerce de Lévis.
La société pétrolière albertaine pourra ainsi acheminer vers les raffineries du Québec et de l'Ontario quotidiennement entre 240 000 et 300 000 barils de pétrole en provenance des sables bitumineux.
Dans sa décision, l'ONE oblige notamment Enbridge à mener des activités de vérification de l'intégrité de son pipeline, construit en 1975, ainsi qu'à poursuivre des consultations en permanence.
«Il est important de rappeler que l'accès à cette nouvelle source d'approvisionnement permettra à la raffinerie Jean-Gaulin de Valero à Lévis, l'une des plus avancées technologiquement en Amérique du Nord, de mieux faire face à la concurrence et de renforcer des emplois de qualité dans la région. Directement ou indirectement, la raffinerie est à la source de milliers d'emplois qui, dans la région de Québec, entraînent des retombées évaluées à plus de 450 millions $», conclut M. Jolicoeur.