Martin Bouchard, cofondateur de l'entreprises Bases.ai avec Vincent Thibault

Intelligence artificielle: des projets de 150 M$ sur cinq ans à Lévis

L’intelligence artificielle (IA) n’est pas une vue de l’esprit. Elle fait partie des nouveaux outils qui permettront aux entreprises de progresser en assurant leur compétitivité et leur pérennité.

C’est dans cet esprit que les entrepreneurs Martin Bouchard et Vincent Thibault lancent une nouvelle entreprise pour élargir l’accès à cette technologie aux entreprises de la grande région de Québec et dans Chaudière-Appalaches.

Un premier projet de centre d’expérimentation sera installé à Lévis dès l’automne, un investissement initial évalué entre 30 et 50 millions $. Deux autres centres seront construits sur un horizon de cinq ans pour un total de 150 millions $.

En entrevue Martin Bouchard précise que Bases.ai fera le pont entre la théorie et la pratique. «Nous serons le chaînon qui manque pour faire le passage dans le concret. Les solutions logicielles existent, mais dans le monde industriel dans la région, les gens n’ont pas nécessairement les masses de données pour aller plus loin dans l’implantation des solutions basées sur l’IA et l’apprentissage machine. C’est ce fossé que nous voulons combler.»

Avec Bases.ai, «les entrepreneurs pourront profiter d’une base d’expérimentation sur mesure qui leur permettra de développer, de tester sur le terrain et d’intégrer des solutions misant sur l’intelligence artificielle et ainsi saisir des opportunités auparavant jamais explorées», continue M. Bouchard.

Dans les nouvelles infrastructures à venir, il y aura des capteurs de tout type, des robots industriels, des serres, des panneaux solaires, des batteries, les objets connectés, des salles de tests et des supercalculateurs seront mis à la disposition des partenaires industriels pour le développement de solutions adaptées à leurs besoins.

Bases.ai vise d’abord les secteurs de l’usinage, de l’entreposage, de l’agriculture et de l’énergie, des domaines parmi les plus propices à l’intégration de l’intelligence artificielle et qui occupent une place importante dans l’économie de la région.

«Les entreprises de la région n’ont pas nécessairement l’équipement ou l’argent pour toutes ces expérimentations, mais nous, en développement des partenariats avec des fournisseurs de technologies, nous pourrons leur offrir une vitrine», ajoute l’homme d’affaires.

De cette manière, Martin Bouchard croit pouvoir développer une nouvelle synergie dans la région, voire attirer de nouveaux investissements d’entreprises québécoises et de l’étranger en technologie qui seraient profitables pour les industriels.

«Le partage des connaissances et la collaboration pour les échanges devraient profiter à tout le monde. Si les recherches en IA se font surtout à Montréal, les gens en région se sentent délaissés. Notre projet veut rapprocher les chercheurs du monde industriel pour mettre le tout dans le concret, dans la pratique des entreprises pour qu’elles puissent être plus compétitives et réaliser des économies d’échelle.»

On commencera la construction de la première base à l’automne sur un terrain de 500 000 pieds carrés. Au moins deux autres bases seront construites dans les prochaines années. Des ententes de partenariat seront dévoilées dans les prochains mois.