Éric Giroux, entrepreneur en résidence à l'INO

Institut national d'optique: innover sans cesse

Pas moins de 45 millions de véhicules à travers le monde entier sont munis de ressorts fabriqués par Ressorts Liberté de Montmagny. «Des ressorts pour les autos, ça ne fait pas très glamour, pas très haute technologie. Et pourtant, si vous saviez la place qu'occupe l'innovation technologique au sein de nos usines au Québec, en Ontario, en Chine et au Mexique!» lance le président de l'entreprise Richard Guimont.
«Avec l'aide de l'INO, nous avons mis au point un système d'inspection des pièces. Elles sortent de nos usines sans aucune imperfection. Zéro défaut. C'est extraordinaire. Un fabricant automobile n'aime jamais faire un rappel de milliers de véhicules à la suite de la découverte d'une pièce défectueuse. C'est ce genre de collaboration que nous avons avec l'INO», témoigne M. Guimont, dont l'entreprise fait travailler 400 personnes.
25 ans
L'INO, c'est l'Institut national d'optique. À l'occasion d'un événement marquant son 25e anniversaire de fondation, l'INO avait réuni, mercredi, des entrepreneurs aguerris pour échanger sur la place qu'occupe l'innovation technologique dans le quotidien de leur organisation.
Richard Guimont raconte que Ressorts Liberté, à l'époque, se faisait dépasser par la gauche et par la droite par ses compétiteurs allemands, japonais et coréens. «Nous n'avions pas le choix de nous réinventer. Il fallait apprendre à voir et à faire les choses différemment. Nous avons commencé par embaucher des ingénieurs mécaniques. Puis, nous nous sommes entourés de spécialistes provenant de l'INO et de l'École de technologie supérieure. Vous savez, c'est toujours difficile de trouver des solutions aux défis technologiques qui se présentent à nous, mais, que voulez-vous, c'est ça, de l'innovation.»
«L'innovation est en enjeu quotidien chez nous», renchérit Alain-Jacques Simard, président et chef de la direction de TeraXion, une entreprise du monde des télécommunications qui travaille principalement dans les secteurs de l'aéronautique et de la défense. «Il faut toujours avoir le produit que les compétiteurs n'arriveront pas à développer et être le premier sur le marché afin de capturer le maximum d'argent qui sera ensuite réinvesti massivement en recherche et développement.» Au fil des ans, l'entreprise de 160 employés - et présente dans une quarantaine de pays - s'est constitué un portefeuille de 40 brevets.
C'est encore l'innovation qui permet aujourd'hui à Optel Vision d'envisager la création de 100 nouveaux emplois au cours des 18 prochains mois. La compagnie de Québec conçoit et fabrique des équipements de contrôle de la qualité sur les chaînes de production pour les entreprises du secteur des produits pharmaceutiques. Les grandes sociétés pharmaceutiques du monde entier ont craqué pour la technologie conçue à Québec qui permet d'enrayer la présence de médicaments contrefaits sur le marché.
Crédits d'impôt
Le président d'Optel-Vision, Louis Roy, signale que l'innovation coûte cher aux entreprises, mais que la commercialisation sur les marchés mondiaux de leur produit coûte encore plus cher. Sans les crédits d'impôt accordés par les gouvernements, la tâche des sociétés serait pratiquement insoutenable sur le plan financier.
Tout n'est pas parfait dans le monde de l'innovation au Québec, ont déploré les trois entrepreneurs.
Ils ont souligné que la collaboration avec les universités et les centres de recherche n'était pas toujours exemplaire, que l'arrimage entre la recherche universitaire et les besoins des entreprises faisait souvent défaut et que trop de bonnes idées ne parvenaient pas à sortir des laboratoires des chercheurs faute d'une culture entrepreneuriale bien souvent déficiente au Québec.
«Il y a effectivement des opportunités manquées», rend compte Éric Giroux, un bâtisseur d'entreprises, qui vient d'être nommé entrepreneur en résidence à l'INO et dont la mission sera de mettre au monde au moins 10 entreprises à partir de la recherche qui se fait à l'Institut national d'optique.