Le président-directeur général de l’INO, Alain Chandonnet

INO: une cuvée à oublier

Même si la direction de l’Institut national d’optique (INO) refuse d’avancer un chiffre, elle ne cache pas qu’un coup de pouce financier de «plus de 125 millions $» de Québec et d’Ottawa sera nécessaire pour assurer sa croissance entre 2021 et 2026.

Mais avant de regarder les besoins futurs de l’organisation, parlons des résultats financiers 2017-2018. Il s’agit d’une année de «transition», comme le mentionnent les responsables. Elle ne passera certainement pas à l’histoire.

L’autofinancement de l’INO est passé sous la barre des 50 %, plus précisément à 43,9 %. Il s’agit de la pire performance depuis au moins 2011. Les revenus externes ont chuté de 1,1 million $ par rapport à l’année précédente, pour atteindre 14,6 millions $, et trois transferts technologiques ont été effectués.

Il faut dire qu’au cours des derniers mois, la direction de l’INO a réalisé un remue-ménage à l’interne. Alain Chandonnet, l’un des cofondateurs de TeraXion, a été nommé comme président-directeur général et Jacques Topping occupe aujourd’hui la chaise de président du conseil d’administration.

La présence de ces nouveaux visages s’est vite fait sentir à travers l’organisation qui soufflera cette année ses 30 bougies. Le modèle d’affaires a entre autres passé sous le bistouri.

Aujourd’hui, l’INO possède un bureau du côté de Montréal et compte cinq divisions d’affaires.

Au cours des derniers mois, l’INO est aussi devenu membre de deux des cinq supergrappes canadiennes en innovation. La supergrappe NGM en Ontario, qui gravite autour de la thématique du secteur manufacturier avancé, et la supergrappe CDT de la Colombie-Britannique. Cette dernière est axée sur l’accélération des technologies numériques.

Des résultats

Selon M. Chandonnet, l’impact de ces nombreux changements au sein de l’organisation — précisons qu’aucune coupe à l’interne n’a été effectuée — et de ces nouveaux partenariats devraient se refléter dans le prochain rapport financier. Le carnet de commandes est aussi bien garni, parole de la direction.

Par ailleurs, le pdg estime qu’à l’heure où la technologie et les phénomènes sociaux se forment et se transforment à un rythme accéléré, il était «crucial» de revoir le modèle d’affaires pour continuer de faire évoluer l’organisation.

«L’objectif n’est pas de transformer l’INO en compagnie de produits. On peut simplement mieux vendre nos services et nos prestations. C’est un peu en lien avec le prochain financement qui est pour 2021», explique au Soleil le patron.

«Nous avons notamment revu notre approche clientèle avec des unités d’affaires, ce que nous n’avions pas avant. Nous allons travailler maintenant sur des problématiques d’industrie pour permettre de générer plus de récurrence et de revenus pour l’INO», poursuit-il.


« Nous avons notamment revu notre approche clientèle avec des unités d’affaires, ce que nous n’avions pas avant. Nous allons travailler maintenant sur des problématiques d’industrie pour permettre de générer plus de récurrence et de revenus pour l’INO »
Alain Chandonnet, président-directeur général de l’INO

Le futur

Pour les prochaines années, soit jusqu’en 2020-2021, l’INO, qui compte plus ou moins 200 cerveaux, possède toujours ses ententes quinquennales avec Québec et Ottawa.

Pour se rafraîchir la mémoire, en 2016, ces deux paliers de gouvernement avaient octroyé à l’organisation un coup de pouce de 50 millions $ chacun. L’INO réclamait toutefois 75 millions $ au provincial ainsi qu’au fédéral afin de demeurer un leader mondial dans la conception et la recherche en optique photonique et pour rivaliser à armes égales avec ses concurrents.

L’année suivante, les troupes de Philippe Couillard avaient accepté d’ajouter 25 millions $.

«On négocie toujours avec le fédéral [pour avoir le même montant]», note M. Chandonnet. «Il faut comprendre qu’Ottawa réexamine en ce moment ses modes de financement aux organismes. Il devrait avoir de nouveaux principes directeurs», poursuit-il.

Pour son plan 2021-2026, le pdg prévoit commencer à mettre sur papier cette année les grandes lignes de ses besoins. L’argent sera de nouveau le nerf de la guerre.

«On travaille à faire reconnaître la valeur de notre contribution dans l’écosystème de l’innovation. [...] Oui, nous allons avoir des demandes plus grandes, mais je ne suis pas encore en mesure de les chiffrer», conclut-il.

Ce dernier veut également faire connaître davantage à la population les percées des chercheurs de l’INO au cours des prochaines années.