La présidente de 10e Ave Productions, Nancy Florence Savard, avec la directrice générale de l’entrepreneuriat féminin d’Inno-centre, Annouk Bissonnette.

Inno-centre: une branche pour l’entrepreneuriat féminin

Les Productions 10e Ave n’ont pas besoin de présentation. Si le nom de l’entreprise ne sonne aucune cloche, ses films d’animation («Le Coq de St-Victor» ou «Nelly et Simon : Mission Yéti») sont bien connus. Après déjà 20 ans de travail, sa présidente se concentre sur de nouveaux objectifs avec l’aide de la toute nouvelle branche Entrepreneuriat féminin d’Inno-centre.

L’accélérateur d’entreprises Inno-centre se lance dans le service adapté d’aide aux femmes entrepreneures. 

«Les femmes entrepreneures, on a besoin d’une cadence qui nous est propre. On a besoin d’un accompagnement conséquent», exprime Nancy Florence Savard, présidente des Productions 10e Ave. «Les filles, on est du genre à vouloir bien calculer nos risques, on aime ça faire attention. On est plus prudentes, pas moins audacieuses, mais les garçons ont un tempérament plus aventureux.»

Même si Mme Savard fête les 20 ans de son entreprise, elle rappelle que l’industrie de films d’animation est récente, et lente. Pour un seul long-métrage, de l’idée jusqu’à la sortie en salle, le processus peut prendre huit ans.

«On a fait nos classes comme tout le monde. On est quand même une PME et on est un chef de file canadien, poursuit Mme Savard. Quand tu as ton entreprise, tu n’as pas de recul, tu essaies toujours de trouver les meilleures idées. J’étais rendue à dire que je voulais faire un portefeuille de propriété intellectuelle québécoise. Par où on passe?»

En juillet 2018, Mme Savard rencontrait Inno-centre, puis en novembre, elle fondait son propre studio de fabrication. 

Besoins différents

«Quand l’entreprise a fait ses preuves et qu’elle va bien, c’est là où on intervient. On accélère la croissance», explique Annouk Bissonnette, directrice générale d’Entrepreneuriat féminin chez Inno-centre, nouvellement embauchée.

«Nos clients sont référencés par le capital de risque. En regardant notre portrait d’entreprises, on a à peu près 2 % d’entreprises qui sont dirigées par des femmes. C’est clair qu’il y avait une problématique.»

Mme Savard, avec les Productions 10e Ave, faisait partie du 2 %. Lorsqu’elle a fait affaire avec Inno-centre l’an dernier, un comité consultatif qui explorait les différences entre la réalité des hommes entrepreneurs et celle des femmes était déjà mis sur pied. La productrice a pu bénéficier d’une aide adaptée afin d’atteindre ses objectifs en prenant compte de ses valeurs et des défis particuliers à surmonter. Ce qui représentait sa première phase d’accompagnement avec Inno-centre.

«J’avais besoin qu’on m’accompagne pour réfléchir, challenger ce que j’avais déjà mis en place. J’avais besoin d’une poussée pour me faire dire que j’étais correcte. Avec les coachs, ça a accéléré ma prise de décision», souligne la productrice. 

Parmi les enjeux plus spécifiques aux femmes entrepreneures, la nouvelle directrice générale Annouk Bissonnette soulève l’aspect conciliation travail-famille et le réseau professionnel plus restreint. Elle remarque aussi que l’accès au capital de risque et au financement est plus difficile.

«Les objectifs d’entreprises sont les mêmes pour les hommes et les femmes, mais le profil entrepreneurial est différent, les valeurs entrepreneuriales sont différentes. Avec Nancy, on a mis en lumière des points très importants pour réussir à l’amener plus loin», termine Mme Bissonnette. 

Mme Savard insiste sur l’importance de reconnaître que les hommes et les femmes ont des besoins différents, et que les compromis ne seront pas les mêmes. La passion est souvent ce qui dirige toute personne à se lancer dans l’entrepreneuriat, et aussi ce désir de tirer les rênes. 

Pour la productrice, sa motivation était que ses enfants puissent voir le Québec à l’écran. 

«Quand j’ai fondé ma compagnie, j’ai fondé ma famille en même temps. Je voulais créer à partir de chez nous, et faire de l’international. Je voulais avoir ma business, mais je ne voulais pas sacrifier ma famille. Je voulais avoir un certain équilibre. Tes compromis ne sont pas les mêmes.»