David Brault, Martin Brault et Pierre Boulanger sont les trois fondateurs d’INNO-3B, une entreprise de Saint-Pacôme qui tentera d’adapter ses technologies à l’espace.

INNO-3B: du Kamouraska à la NASA

MATANE — Faire pousser des végétaux nutritifs pour fournir des aliments frais aux futurs voyageurs interplanétaires ou lors de missions plus longues d’astronautes dans l’espace sans ravitaillement, voilà une technologie que développe INNO-3B de Saint-Pacôme. Le projet est si singulier que l’entreprise du Kamouraska est invitée par la NASA à venir parler de son projet.

Le vice-président de l’ingénierie d’INNO-3B, David Brault, fera partie des trente spécialistes triés sur le volet en Amérique afin de participer à un atelier organisé par la NASA au Centre spatial Kennedy, les 6 et 7 août en Floride. Il s’agira d’un atelier de travail sur les concepts touchant la production en environnement fermé, particulièrement en vue d’une installation dans l’espace ou sur la Lune.

«Il y a quinze ans, on parlait plus d’une mission pour aller sur Mars et il y avait des projets qui se tramaient un peu partout dans les universités, rappelle le cofondateur d’INNO-3B. Le programme est tombé à la faveur d’un retour sur la Lune. […] La technologie évolue sur le plan de l’éclairage, des connaissances et de la biologie, ce qui fait en sorte que la production de nourriture de base pour les gens qui vivent dans l’espace est toujours un sujet en développement.» 

Trouver des solutions

Selon David Brault, il n’y a pas de production de nourriture dans l’espace, à part quelques petites expériences qui ont été réalisées. C’est pour cette raison que la NASA semble fort intéressée par la technologie développée par INNO-3B. «[…] On est invités à venir participer à l’atelier pour échanger sur les défis et les solutions possibles, sur des approches technologiques visant à produire dans l’espace», mentionne David Brault, qui détient une maîtrise en génie agricole de l’Université Laval. Celui-ci s’attend notamment à discuter du contrôle du climat, de la main-d’œuvre requise, de la gestion de l’automatisation et de la façon de traiter les résidus de culture.

La technologie d’INNO-3B, fondée il y a cinq ans, consiste en une tour entièrement close pouvant atteindre dix mètres de hauteur, à l’intérieur de laquelle des plantes sont cultivées sur des tablettes. Sur chacune d’elles, la lumière, la température, l’humidité et le mouvement d’air sont maintenus à des conditions optimales. Un système robotique place et retire les plantes dans la tour. «Ce ne sont pas des serres», précise M. Brault.