Ingénieurs: les prévisions d'embauche ont chuté de 60 %

L'année 2014 pourrait s'avérer plus difficile pour les ingénieurs prêts à faire le saut sur le marché du travail, alors que les prévisions d'embauche ont chuté d'environ 60 % par rapport à 2013, selon un sondage réalisé par le Réseau des ingénieurs du Québec.
«On sent nos entreprises un peu plus nerveuses et hésitantes. Trente-sept pour cent des entreprises interrogées n'ont aucune prévision d'embauche (2014), alors qu'en 2013 c'était seulement le quart», a déclaré Yves Lavoie, ing., président du Réseau des ingénieurs du Québec. «Présentement, c'est un bon moment pour aller chercher de la formation, soit pour diversifier son profil ou pour peaufiner certaines spécialités.»
Globalement, pour 2014, les prévisions d'embauche des entreprises interrogées du Québec - 35 organismes publics, 82 entreprises manufacturières, 37 firmes de génie-conseil et 46 entreprises des autres secteurs d'activités - totalise 1204 ingénieurs, alors que ces mêmes entreprises prévoyaient 2930 embauches en 2013.
Au terme de l'année universitaire 2012-2013, 3198 étudiants ont terminé leur baccalauréat en génie au Québec (tous secteurs du génie et universités confondus), dépassant de peu les résultats pour 2011-2012, où 3146 étudiants avaient reçu leur diplôme.
Cette année, 77 % des prévisions d'embauche concernent le génie mécanique (26 %), civil (30 %) et électrique (21 %). En 2013, les prévisions pour ces mêmes spécialités du génie étaient 23 %, 24 % et 22 %. Les secteurs ayant le plus faible taux d'embauche sont le génie des matériaux, minier, métallurgique, géologique et chimique, avec un maigre 2 %.
La relève
Parmi les entreprises répondantes, 13 % ne connaissent pas leurs besoins pour l'année 2014, et 24 % d'entre elles ne prévoient aucune embauche, soit 23 % des organismes publics, 29 % des entreprises manufacturières, 24 % de celles des autres secteurs d'activités et 13 % des firmes de génie-conseil.
«Il y aura toujours place à la relève. Il y a encore une demande», a tenu à assurer Daniel Lebel, ing., président de l'Ordre des ingénieurs du Québec. «La relève est toujours présente dans les universités et les inscriptions demeurent assez hautes en génie. Plusieurs projets ont ralenti, mais tout ça va reprendre au cours des prochaines années. On le sait que nos infrastructures ont des besoins importants et les travaux devront se faire.»
Création de postes
En 2014, 48 % des prévisions d'embauche seront attribuables à la création de postes, qui a dominé sur les remplacements au cours des cinq dernières.Or, la tendance s'inverse et les recruteurs prévoient moins de création de postes que de remplacements cette année.
C'est dans le secteur du génie-conseil que le taux d'embauche sera le plus élevé, soit 586 recrues. Les manufacturières, elles, prévoient 314 embauches, le public, 150 et les autres secteurs, 154.
Avec plusieurs projets au ralenti et reportés, l'année 2013 s'est avérée plutôt difficile pour le secteur du génie, ce qui a entraîné notamment un impact sur les prévisions d'embauche.
L'Ordre des ingénieurs du Québec compte aujourd'hui 61 000 membres, 2000 de moins qu'en 2013. Une situation qui s'explique par plusieurs départs à la retraite, mais aussi par le fait que certains ingénieurs ont préféré se retirer plus tôt plutôt que de suivre la formation continue obligatoire de 30 heures.