En date de lundi, soit le 27 avril, trois jours avant l’heure de tombée habituelle, Revenu Québec avait reçu 3 490 000 déclarations de revenus. À pareille date l’an dernier, année sans coronavirus et donc sans prolongation, ce total s’élevait à 5 020 000.
En date de lundi, soit le 27 avril, trois jours avant l’heure de tombée habituelle, Revenu Québec avait reçu 3 490 000 déclarations de revenus. À pareille date l’an dernier, année sans coronavirus et donc sans prolongation, ce total s’élevait à 5 020 000.

Impôts: 1,5 M de contribuables profitent du mois de plus

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Sans la COVID-19, la date limite pour produire sa déclaration de revenus serait ce jeudi, le 30 avril. Mais plus de 1,5 million de Québécois profitent du délai supplémentaire d’un mois. Revenu Québec a remboursé 270 millions $ de moins en impôts qu’à pareille date l’an dernier.

Le 17 mars, le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, annonçait une série d’assouplissements liés à la période des impôts. Mesure phare, la date butoir pour produire une déclaration de revenus était repoussée du 30 avril au 1er juin.

En date de lundi, soit le 27 avril, trois jours avant l’heure de tombée habituelle, Revenu Québec avait reçu 3 490 000 déclarations de revenus. À pareille date l’an dernier, année sans coronavirus et donc sans prolongation, ce total s’élevait à 5 020 000, selon les chiffres fournis par l’agence gouvernementale chargée de la perception des impôts et des taxes.

Quelque 1 530 000 contribuables ont donc cru bon de bénéficier de cette nouvelle échéance et des 32 jours supplémentaires, en tout ou en partie. Il s’agit d’une différence de 30 % avec 2019.

«Ces données témoignent de l’impact significatif de la pandémie en cette période de production de la déclaration de revenus. Elles démontrent aussi la pertinence des mesures d’assouplissement», affirme le porte-parole de Revenu Québec, Martin Croteau.

Revenu Québec traite chaque année environ 6,5 millions de déclarations de revenus. Plus ou moins 54 % des contribuables ont donc produit leur déclaration à ce moment-ci. À peine un sur deux. L’an passé, au même moment, ce taux s’établissait à 77 %. Plus des trois quarts.

80 % ont été traitées

Lors de son annonce, le ministre Girard incitait néanmoins «tous les contribuables à produire leur déclaration de revenus pour le 30 avril. Notamment pour ceux qui anticipent un remboursement», avait-il souligné, promettant les mêmes délais de remboursement qu’en temps normal, malgré la crise.

Près de 9 déclarations sur 10 ont été transmises par voie électronique, l’autre 10 % l’étant par la poste. Cette proportion s’avère presque identique à 2019. Il en résulte que, toujours en date du 27 avril, 80 % des 3,5 millions de déclarations de revenus reçues ont été traitées et un avis de cotisation a été émis.

On assure à l’agence que «le délai moyen de traitement des déclarations de revenus qui ont donné lieu à un remboursement est demeuré le même que l’an dernier».

«Le fait que le traitement des déclarations de revenus soit hautement mécanisé a diminué les effets que pourrait avoir la COVID-19 sur nos opérations, explique M. Croteau. En effet, la grande majorité des déclarations de revenus sont transmises par voie électronique, grâce à notre service ImpôtNet. Revenu Québec continue de traiter les déclarations qui nécessitent l’intervention d’un agent, qui sont beaucoup moins nombreuses.»

270 M$ en moins

Une somme globale de 2,493 milliards $ a ainsi été retournée à 2 172 121 contribuables québécois jusqu’ici ce printemps. Quand même 270 millions $ de moins que les 2,763 milliards $ payés à 2 565 115 citoyens à pareille date l’an dernier.

Ceux qui devront de l’argent à l’État auront pour leur part trois autres mois de plus pour s’acquitter de l’impôt à payer et des acomptes provisionnels. Une augmentation du délai de traitement de leur déclaration est à prévoir, confirme M. Croteau, mais cela ne les dispense pas de régler leur solde au plus tard le 1er septembre.

Lors de son annonce, le ministre Girard avait estimé à 7,7 milliards $ l’entrée d’argent reportée dans le temps par ces mesures pour l’État québécois.