Les employés de Bombardier ont établi une ligne de piquetage symbolique, vendredi midi, afin de protester contre les mesures punitives imposées à la compagnie par les États-Unis.

Importante commande et nouvelle enquête pour Bombardier

Alors que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a décidé de former un comité qui se penchera sur les aides financières octroyées pour le développement de la CSeries, Bombardier a annoncé vendredi ce qui pourrait être sa plus importante commande d'avions Q400.
La décision de l'organisation internationale établie à Genève survient après un mois de consultations. Le Canada et le Brésil - qui allègue que les coups de pouce financiers gouvernementaux à Bombardier ne respectent pas les règles internationales - n'ont pas été en mesure de régler leur différend.
Aucun membre du comité n'a été nommé pour le moment dans ce qui pourrait être un long processus. Boeing et Airbus s'affrontent depuis 13 ans devant l'organisation internationale à propos de subventions gouvernementales.
Cette annonce de l'OMC survient quelques jours seulement après l'imposition de droits compensatoires annoncés par le département américain du Commerce à la suite d'une plainte déposée par le géant Boeing (NYSE:BA) au printemps.
La CSeries a été frappée de mesures punitives d'environ 220 %. Bombardier ne serait pas étonnée de voir Washington lui imposer, la semaine prochaine, des droits antidumping.
Embraer - le rival brésilien de Bombardier (TSX:BBD.B) - affirme que le comité de l'OMC analysera plus de 3 milliards $US (3,74 milliards $CAN) de «subventions» reçues des gouvernements du Québec et du Canada.
«Nous croyons que la décision du département du Commerce vient appuyer davantage les arguments du gouvernement brésilien auprès de l'OMC», a affirmé le président et chef de la direction d'Embraer, Paulo Cesar Silva, dans un communiqué.
Celui-ci affirme que les aides financières ont permis à Bombardier de vendre la CSeries à bas prix, ce qui a perturbé l'équilibre du marché en plus de nuire aux autres joueurs du secteur.
Bombardier a répondu par courriel que le gouvernement Trudeau comptait défendre les intérêts de la compagnie et de l'industrie aéronautique devant l'OMC.
«Nous sommes confiants que les investissements et les programmes de contribution mentionnés dans la requête du Brésil sont totalement conformes aux règles de l'OMC et du commerce international», a indiqué un porte-parole, Simon Letendre.
À Ottawa, Joseph Pickerill, un porte-parole du ministre du Commerce international François-Philippe Champagne, a abondé dans le même sens.
«Tous les pays supportent leur industrie aéronautique, a-t-il dit. Le Brésil n'est pas une exception. Le Canada va examiner de près le support offert par le gouvernement brésilien à Embraer.»
Commande majeure
Par ailleurs, SpiceJet sera le client de lancement du turbopropulseur Q400 à configuration élargie. Le transporteur indien a passé une commande ferme pour 25 avions assortie d'une option pour 25 appareils supplémentaires. D'après les prix courants, la valeur totale de la commande atteindrait 1,7 milliard $US (2,12 milliards $CAN).
Lors du Salon international de l'aéronautique du Bourget, à proximité de Paris, en juin, SpiceJet avait initialement signé une lettre d'intention pour acheter des Q400 de 86 sièges. La compagnie a finalement décidé de se tourner- sous réserve de la certification par les organismes de réglementation - vers des avions de 90 places.
«Cette commande confirme les besoins de capacité accrue des transporteurs aériens pour les itinéraires régionaux et démontre le potentiel de rentabilité accru qu'offre cette configuration unique du turbopropulseur», a souligné le président de Bombardier Avions commerciaux, Fred Cromer.
Pour sa part, le président-directeur général de SpiceJet, Ajay Singh, a affirmé que cette commande permettrait à sa compagnie de mieux desservir les villes indiennes de plus petite taille.
«Nous avons travaillé fort au fil des ans afin de mettre ces petites villes sur la carte de l'aviation du pays et nous aspirons à continuer sur cette lancée à l'avenir», a-t-il fait valoir, par voie de communiqué.
SpiceJet exploite actuellement 20 appareils Q400 de 78 sièges en Inde ainsi que sur des liaisons internationales.