Du côté de l'unifamiliale, le vendeur n'a pas dit son dernier mot dans certains secteurs de la grande région de Québec.

Immobilier: l'acheteur est roi, mais pas partout...

Depuis quelques années, l'acheteur est roi dans le marché de l'immobilier de la grande région de Québec, principalement lors de la vente de copropriété. Du côté de l'unifamiliale, le vendeur n'a toutefois pas dit son dernier mot dans certains secteurs. Voici un petit survol de l'industrie en 2016, selon une analyse de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).
Copropriété (23 % du total des transactions)
Force est de constater qu'il y a beaucoup de condominiums qui se sont construits dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec depuis 2010. Cette augmentation des chantiers s'est traduite par une croissance de l'offre plus rapide que la demande. Et plusieurs importants projets résidentiels sur le territoire ne sont pas encore entamés comme Le Phare, à Sainte-Foy, qui devrait un jour sortir de terre. 
Aujourd'hui, la RMR de Québec se retrouve avec un surplus de copropriétés, avance la SCHL. Une situation qui avantage nettement les acheteurs, et ce, même pour les produits les plus abordables. 
Alors qu'en 2011, on dénombrait sur le marché de la revente huit copropriétés pour un acheteur - un marché jugé relativement équilibré -, en 2016, ce ratio a bondi à 21 condos pour une personne à la recherche d'un nouveau toit. Cela a eu comme impact de ralentir la croissance du prix médian pour ce type de propriété. Entre 2011 et 2016, la hausse a été de seulement 0,6 %. Depuis 2014, le prix médian tire vers le bas.
«Le nombre de copropriétés inscrites au réseau Centris a plus que doublé, passant d'une moyenne de 900 unités entre 2007 et 2011 à une moyenne de 2200 unités entre 2012 et 2016», avance Nicolas Bernatchez, analyste de marché à la SCHL, dans son rapport publié mercredi. «De même, le délai de vente moyen dans la région de Québec a doublé pour les copropriétés, passant de 3 mois en 2011 à 6 mois en 2016», poursuit-il.
En bref
Avantage acheteur : tous les secteurs, soit la Haute-Ville, Basse-Ville, Sainte-Foy-Sillery, Les Rivières et Charlesbourg...
Mises en chantier en 2016 : 450 unités, une première en 15 ans
Perspectives selon la SCHL : la diminution des mises en chantier anticipée pour les deux prochaines années devrait permettre au marché d'écouler les unités vacantes. La SCHL estime toutefois que ce laps de temps ne sera pas suffisant pour permettre un retour à des conditions de marché équilibrées. La faiblesse des prix devrait également attirer de nouveaux acheteurs et le vieillissement de la population devrait soutenir la vente de ce type de propriété. 
Maisons unifamiliales (individuelles, jumelées ou en rangées, 70 % des transactions)
Depuis quelques années, la RMR de Québec enregistre une diminution des ventes de maisons unifamiliales. Mais qui est le roi pour ce type de propriété? L'acheteur et le vendeur se livrent présentement un bras fer sur le territoire. 
La MRC de la Jacques-Cartier, dans la Périphérie-Nord, est celle qui a le mieux tiré son épingle du jeu sur le marché de la revente résidentielle, avec une offre variée et des prix plus alléchants pour les jeunes familles. La municipalité de Sainte-Brigitte-de-Laval a sans aucun doute contribué à ses bons résultats. 
D'ailleurs, selon des données de Statistique Canada, Sainte-Brigitte-de-Laval est la ville du Québec dont la population a le plus augmenté entre 2011 et 2016, avec une hausse six fois plus importante (29 %) que la moyenne canadienne. Il s'agit de la ville de plus de 5000 habitants avec la plus forte croissance au Québec. Et la 11e au Canada.
Entre 2012 et 2016, environ 13 % de toutes les ventes Centris de maisons unifamiliales dans la RMR de Québec ont été enregistrées dans le secteur de la Jacques-Cartier. La proportion était de 11 % en moyenne de 2007 à 2011, peut-on lire dans le rapport de la SCHL. «Cette augmentation peut sembler modeste, mais tous les autres secteurs de la région ont plutôt vu leur part de marché diminuer ou stagner. La grande majorité des ventes dans le secteur Jacques-Cartier sont des maisons individuelles [maisons détachées]», note M. Bernatchez.
L'an dernier, pour chaque acheteur, on retrouvait 15 propriétés à vendre sur le territoire de la Jacques-Cartier, comparativement à 21 propriétés pour la Côte-de-Beaupré et 10 pour l'Agglomération de Québec. Cette offre plus importante en banlieue a eu comme conséquence de faire augmenter les délais de vente. «En périphérie, les vendeurs doivent être un peu plus patients. Par exemple, le délai de vente moyen pour les unifamiliales dans la Périphérie-Nord était de cinq mois en 2016, contre un peu moins de quatre mois dans l'agglomération de Québec», soutient la SCHL.
Pour l'ensemble de la RMR de Québec, le taux de croissance annuel du prix médian entre 2011 et 2016 a été de 1,5 %.
En bref
Ventes : 70 % des ventes d'unifamiliales dans la RMR de Québec en 2016 ont été conclues pour moins que 300 000 $
Un marché équilibré : Charlesbourg, Les Rivières, Haute-Saint-Charles et Val-Bélair-L'Ancienne-Lorette... 
Avantage acheteurs : Haute-Ville, Sainte-Foy-Sillery et Saint-Augustin-Cap-Rouge
Avantage vendeurs : Basse-Ville
Perspectives : «L'arbitrage entre le coût des propriétés et la localisation favorisera le maintien au cours des prochaines années d'une relation plus tendue entre l'offre et la demande dans les secteurs de l'agglomération qui offrent des propriétés relativement abordables, à proximité des pôles d'emploi et des services.»
Marché duplex (de deux à cinq logements, 7 % des transactions)
Dans la RMR de Québec, le marché du plex, qui enregistre une diminution des ventes depuis quelques années, est principalement actif en Basse-Ville de Québec, soit avec environ 32 % des ventes. Les secteurs de Beauport (14 %) et de Charlesbourg (10 %) se distinguent également.
«Il y a eu très peu de construction de plex dans la Basse-Ville au cours des dernières années. Ainsi, bien que la demande ait diminué, l'offre a très peu augmenté, ce qui a permis de maintenir des conditions de marché relativement serrées. En fait, le marché du plex était tout juste équilibré en 2016 dans la Basse-Ville, avec en moyenne 10 plex à vendre par acheteur», explique M. Bernatchez dans son rapport la SCHL.
Pour l'ensemble de la RMR de Québec, le prix médian pour les Plex était de 306 000 $.