Le projet d’Hydro-Québec consiste à réaliser un forage dans le roc, sous le lit du fleuve Saint-Laurent, entre les municipalités de l’Ange-Gardien et Saint-Pierre-de-l’île-d’Orléans, pour l’installation de câbles souterrains.

Île d’Orléans: 20 M$ pour refaire le réseau électrique «à risque»

Hydro-Québec souhaite améliorer l’alimentation électrique sur l’île d’Orléans, dont certaines installations sont «en fin de vie» et représentent «un risque» pour l’environnement. Trois projets ont été étudiés dont la facture est de 17, de 20 et de 100 millions $.

Après avoir réalisé des analyses, c’est finalement le chantier de 20,2 millions $ qui a été retenu par la société d’État pour répondre aux besoins futurs. Il permettra de faire passer la capacité du réseau de 24 à 35 mégawattheures.

Le projet consiste à réaliser un forage dans le roc, sous le lit du fleuve Saint-Laurent, entre les municipalités de l’Ange-Gardien et Saint-Pierre-de-l’île-d’Orléans, pour l’installation de câbles souterrains. Le chantier réalisé sur une distance de 1450 mètres impliquera un forage d’une profondeur allant jusqu’à 115 mètres.

La mise en service des nouvelles installations est prévue vers la fin de l’année 2019. Les travaux devraient commencer ce printemps.

Actuellement, ce territoire est alimenté à partir du poste Lefrançois situé à l’Ange-Gardien. Les trois câbles, qui sont, dans ce cas-ci, déposés sur le lit du fleuve, constituent le seul lien électrique pour desservir la population de 7000 habitants.

Dans un rapport d’Hydro-Québec, on mentionne qu’en plus d’être en fin de vie utile — les câbles ont 56, 45 et 37 ans — l’un d’eux «alimente à chaque pointe hivernale, depuis 2015, une charge dépassant sa valeur maximale sans perte de vie utile».

La croissance anticipée pour les prochaines années devrait «accélérer» sa dégradation et représente un «risque environnemental» en raison de la présence d’huile dans les conduits.

La société d’État ajoute également avoir constaté «des signes de fatigue» au cours des dernières années affectant la fiabilité de l’alimentation. Advenant un bris durant l’hiver, elle concède qu’elle ne serait pas en mesure de réalimenter rapidement l’ensemble des foyers.

Autres scénarios

Parmi les scénarios étudiés pour améliorer les installations de l’île d’Orléans, le distributeur d’électricité a évalué la possibilité de déposer des conduits métalliques avec des câbles sur le lit du fleuve sur une distance de 1400 mètres. La même recette (ou presque) qu’on retrouve présentement. La facture aurait été de 15,2 millions $.

Toutefois, cette avenue «aurait généré des impacts environnementaux pour la faune et la flore pendant les travaux et durant toute la durée de vie des équipements», explique Hydro-Québec, précisant que la mise en service aurait été possible seulement en 2021.

C’est pourquoi cette option a été écartée par la direction.

Hydro-Québec a également analysé la possibilité de faire de l’île d’Orléans un site autosuffisant en énergies renouvelables. Actuellement, on retrouve 22 endroits à travers la province qui possède leur microréseau autonome, notamment à Quaqtaq, au Nunavik.

Selon les estimations d’Hydro-Québec, pour répondre à la demande, il aurait été nécessaire de construire une centrale solaire de 100 MW, une centrale éolienne de 150 MW et une centrale de stockage d’énergie (batteries) de 370 MWH-MW sur le territoire de 195 km2.

«Ce ne sont pas les mêmes coûts. Nous parlons plus d’un projet de 100 millions $. Et cela n’a pas la même fiabilité que si tu raccordes l’île au réseau. Il y avait un risque que l’hiver nous ne soyons pas capables de répondre à la demande», affirme le responsable aux communications, Maxence Huard-Lefebvre.

Il explique que ce projet aurait nécessité la construction de 50 à 75 éoliennes, de panneaux solaires sur une superficie d’environ 2 km² ainsi que l’installation de plusieurs dizaines de batteries d’environ 50 pieds.

Pour les anciennes installations, Hydro-Québec prévoit retirer le câble à risque et conserver en parallèle durant une certaine période les autres afin qu’ils servent de relève temporaire. Cette étape est comprise dans la facture de 20,2 millions $.