L’un des employés de la succursale d’Ashton sur l’avenue Jules-Verne à Québec, William Lemieux-Deschesnes.

Il fait frette. Allons chez Ashton !

Vous vous souvenez, entre Noël et le jour de l’An, il faisait frette.

«Des consommateurs nous interpellaient sur les réseaux sociaux pour savoir à quel moment allait débuter notre fameuse promotion rabais météo sur la poutine!», raconte Sylvain Lemay, le directeur des ressources humaines de la chaîne de restaurants Ashton. «Année après année, la promotion est toujours très attendue par notre fidèle clientèle.»

La promotion rabais météo a commencé le 3 janvier. Avec un glacial moins 24 degrés Celsius au thermomètre. Et un rabais de 24 % sur la poutine!

En 1994, le publicitaire Louis Massicotte a eu un coup de génie en proposant à Ashton Leblond d’offrir à ses clients, durant le cruel mois de janvier, un rabais sur la poutine proportionnel à la température extérieure affichée sur le thermomètre. Une façon originale d’accroître l’achalandage dans les restaurants pendant le mois le plus creux de l’année.

Chaque matin, à 8h, la direction de la chaîne de restauration détermine le montant du rabais météo du jour à partir du degré de la température la moins élevée prévu ce jour-là. «Si Environnement Canada prévoit qu’il fera moins 26 degrés Celsius comme ce fut le cas à quatre reprises jusqu’à maintenant depuis le début du mois de janvier, le rabais météo sera fixé à 26 %», explique Sylvain Lemay.

Ainsi, les 6, 7, 14 et 15 janvier, les gourmands ont pu économiser 1,68 $ sur un bébé poutine et 2,37 $ sur une poutine régulière.

Pendant le mois de janvier, les consommateurs sont assurés d’un rabais météo d’au moins 10 %. Jeudi, par exemple, le mercure affichait moins 5 degrés Celcius dans la capitale. Le rabais météo était donc de 10 % sur la poutine.

De plus en plus, les météorologistes font état du refroidissement éolien qui désigne la sensation de froid induite par le vent. «Nous n’en tenons pas compte dans la détermination quotidienne du rabais météo», précise M. Lemay.

Plus fort qu’une journée de juillet

Le directeur des ressources humaines n’hésite pas à dire que l’achalandage dans les restaurants est plus élevé par une très froide journée de janvier — par exemple  lorsque le mercure affiche moins 26 degrés Celsius — qu’au cours d’une resplendissante journée du mois de juillet. «C’est effectivement le cas», assure-t-il.

Lorsque le rabais météo dépasse le 15 %, c’est généralement l’affluence dans les Ashton.

«Les clients ont l’impression de vivre une expérience. Braver le froid pour venir chercher sa poutine et profiter d’un rabais! Ça ne les dérange pas une miette de faire la file à l’intérieur de l’établissement ou d’attendre au service à l’auto. C’est assez phénoménal.»

La promotion rabais météo représente un défi pour la chaîne de restaurants.

«Il nous faut constamment s’assurer d’un approvisionnement en quantité suffisante de fromage en grain, de pommes de terre et de sauce dans chacune de nos 25 succursales. La commande est d’autant colossale que nous manipulons, tous les jours, des aliments frais. Nos fournisseurs sont évidemment mis dans le coup. Il nous faut toujours être prêts à affronter les périodes glaciales surtout lorsqu’elles se prolongent pendant plusieurs jours.»

Jusqu’à maintenant, depuis le début de 2018, Ashton n’est pas passé proche de subir une quelconque pénurie de «matières premières» pour ses poutines. «Notre équipe chargée des opérations connait le tabac. Elle est aguerrie. Elle a vu neiger depuis 1994.»

Le branle-bas de combat entourant la promotion «rabais météo» est aussi une sorte de happening pour Ashton et ses 650 employés.

«Tout le monde met l’épaule à la roue. Il y a beaucoup d’entraide entre les succursales et les gens en poste au siège social.

Par ailleurs, au chapitre de la main-d’oeuvre, l’entreprise peut compter pratiquement sur tous ses effectifs, car ses employés qui sont aux études reprennent généralement le chemin de l’école seulement à la deuxième ou à la troisième semaine de janvier.