«On a réussi à faire fonctionner notre appareil et à le lancer à la vente, maintenant il faut suffire à la demande, à tous les niveaux, et continuer à innover», a lancé Pierre Paquet, pdg de Icentia.

Icentia: 1,2 M$ pour croître [VIDÉO]

Recevoir un prêt de 1,2 M$ de la part d’Investissement Québec, c’est un sérieux coup de pouce pour une jeune entreprise technologique. Pour les fondateurs d’Icentia, c’est aussi un sérieux incitatif à poursuivre sur leur lancée, surtout quand de nouveaux fronts prometteurs continuent de s’ouvrir tant sur le plan de la commercialisation que de la recherche et du développement.

«On a réussi à faire fonctionner notre appareil et à le lancer à la vente, maintenant il faut suffire à la demande, à tous les niveaux, et continuer à innover», a lancé Pierre Paquet, pdg de la compagnie installée dans le Parc technologique. 

L’annonce faite par le gouvernement, qui avait délégué le député de Vanier-Les Rivières, Mario Asselin, de ce prêt de 1,2 M$ accordé dans le cadre du programme Biomed Propulsion, arrive à point nommé pour Icentia. L’enveloppe permettra de pousser plus loin la commercialisation de son innovation, le CardioSTAT. Le petit appareil de diagnostic médical, développé depuis 2012 en collaboration avec l’Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec, est maintenant largement présent au Québec et en Ontario, mais aussi au Royaume-Uni, où le système de santé semblable au nôtre a facilité l’ouverture du marché et d’un bureau sur place. 

Intelligence artificielle

Chez Icentia, «on veut s’assurer que le test bénéficie au plus de patients possible», note Pierre Paquet, qui a fondé l’entreprise avec Yannick Le Devehat. C’est dans cette optique que la compagnie investit aussi une part de ses budgets dans la recherche et le développement. Pour perfectionner le produit, évidemment, mais aussi pour contribuer à la recherche fondamentale.

L’entreprise fait notamment partie des partenaires du MILA, l’Institut québécois d’intelligence artificielle, basé à Montréal. Son nom y figure aux côtés des Google, Facebook, Microsoft et autres gros joueurs d’ici et d’ailleurs. Ils ont pu y côtoyer le professeur de l’Université de Montréal Yoshua Bengio, une sommité mondiale dans le domaine de l’intelligence artificielle. «Notre profil d’entreprise était intéressant pour eux, parce que nous arrivions avec des données en mains déjà bien structurées», souligne Pierre Fecteau, ingénieur en chef chez Icentia. 

Il faut dire que la recherche est aussi une nécessité pour l’entreprise. Le défaut de la qualité du CardioSTAT, c’est que sa plage d’enregistrement sur 14 jours génère une énorme quantité de données à interpréter pour les technologues qui travaillent pour Icentia. «Notre tâche, ici, c’est de fournir un rapport le plus précis possible et le plus rapidement possible. C’est comme trouver une ou des aiguilles dans une botte de foin», image Pierre Fecteau. L’intelligence artificielle est donc la clé pour «aider les humains à mieux accomplir leur travail», précise Pierre Paquet, et non le faire à leur place. «On essaie de changer le ratio entre le travail manuel et automatique, pour que les technologues puissent se concentrer sur les tâches les plus complexes», complète son collègue.

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L’INNOVATION DU CARDIOSTAT

Le CardioSTAT

Le CardioSTAT, une large bandelette munie de deux électrodes et d’un petit module électronique, permet en fait de remplacer un autre appareil beaucoup plus lourd et complexe à installer, le Holter, utilisé pour étudier les fréquences cardiaques et détecter des arythmies chez un patient. «Avec le vieillissement de la population, il y a souvent de longues listes d’attente pour des tests réalisés avec le Holter. On voulait permettre à plus de gens de passer rapidement ce genre d’examen», explique Pierre Paquet. Le CardioSTAT, léger et discret, permet de réaliser le test à la maison sur 14 jours plutôt que sur 24 à 48 h pour le Holter, donnant ainsi une plus grande plage de lecture des fréquences cardiaques. L’appareil, installé en clinique, est retiré par le patient et simplement envoyé par la poste chez Icentia, qui récupère les données, les fait analyser par ses propres techniciens en électrophysiologie, à l’aide de solutions logicielles développées sur place, et fait ensuite parvenir les résultats au médecin qui a prescrit le test. Les appareils, créés majoritairement au Québec, sont ensuite réusinés sur place. L’entreprise emploie présentement 85 personnes, et le nouvel investissement devrait mener à l’embauche d’une trentaine de personnes.