Line Lacroix et Antonio Aleman, cofondateurs de Hyuman, ont établi un partenariat avec Caroline Potvin (au centre), directrice générale du Salon Carrière Formation de Québec, pour tester leur application Hyumeet, une nouvelle approche dans la recherche d’emploi.

Hyuman: trouver le match parfait

Il y a plusieurs matchs parfaits dans la jeune histoire de Hyuman. D’abord, celui des deux fondateurs, qui ont trouvé une mission commune un peu par hasard. Puis, celui d’un mariage utile avec le Salon Carrière Formation de Québec. Pour une entreprise qui vise à devenir le «Tinder de l’emploi», l’art de bien s’associer semble couler de source.

Les chercheurs d’emplois qui se rendront vendredi et samedi au Salon Carrière Formation de Québec (SCFQ) auront le privilège d’essayer Hyumeet, la toute nouvelle création de Hyuman, une jeune pousse de Québec. La comparaison avec l’application de rencontre amoureuse Tinder n’est pas anodine. Si la nature des rencontres est purement professionnelle, le principe derrière les associations entre entreprises et chercheurs d’emplois sort du parcours habituel d’embauche. «On inverse le processus», lance Antonio Aleman, cofondateur et président de Hyuman. 

L’idée est celle-ci : les entreprises se créent un profil, où elles détaillent leurs valeurs, leur vision, et la personnalité recherchée pour un emploi à combler, selon différents critères. Les chercheurs d’emplois se créent aussi un profil, où ils parlent des mêmes choses : leurs valeurs, leur personnalité, leurs besoins, leurs motivations. L’application s’occupe de faire le mariage entre les deux, de façon anonyme. Après, quand ils obtiennent des matchs, employeurs et chercheurs d’emplois peuvent se contacter et entreprendre un processus plus formel d’embauche. 

«C’est du recrutement à partir de l’humain, de l’individu derrière le CV», explique Antonio Aleman. 

Le jeune diplômé de l’Université Laval en technologies de l’information a été motivé dans la création de l’entreprise par le vécu de ses parents immigrants, qui ont eu bien des difficultés à faire reconnaître leurs compétences une fois arrivés au pays. Et il a trouvé une associée idéale en la personne de Line Lacroix, la mère de sa conjointe. L’autre cofondatrice de Hyuman a connu son propre parcours du combattant quand elle a dû se réorienter après une longue carrière auprès du même employeur. «On a vraiment trouvé une mission commune», explique-t-elle. 

Tous deux croient beaucoup à l’anonymat en début de processus, qui permettra selon eux d’abattre certaines barrières dans le processus d’embauche, notamment en ce qui a trait à l’origine ethnique et à l’âge. 

Avec trois autres associés et deux employés, le duo planche sur l’application Hyumeet depuis près de deux ans. Ils ont pu compter sur une aide de 50 000 $ de la Ville de Québec via son appel de projet Québec, ville entrepreneuriale. 

Maintenant, c’est le jour J pour l’application. Le Salon Carrière Formation sera un terreau idéal pour tester son efficacité. Les employeurs présents au Salon ont tous pu s’inscrire gratuitement sur l’application, et les visiteurs à la recherche d’un emploi pourront le faire aussi. S’ils obtiennent des matchs avec des entreprises sur place, ils pourront profiter d’une zone de rencontre dédiée près du kiosque de Hyuman. «Nous avons aussi une zone d’aide à l’emploi où ils pourront s’y préparer», note Caroline Potvin, directrice générale du SCFQ.

Pour elle, l’association avec Hyuman était toute naturelle. En contexte de pénurie de main-d’œuvre, la recherche d’emploi devient un volet de plus en plus important du salon, mais ce n’est pas toujours facile pour les deux parties de se trouver efficacement. «Les entrepreneurs me disent que c’est plus facile de trouver quelqu’un qui partage la philosophie de l’entreprise et de le former dans les compétences qu’il ne possède pas, que d’essayer d’intégrer quelqu’un de compétent qui ne possède pas les mêmes valeurs», soutient-elle. 

C’est exactement le but de Hyuman. Après ce premier test au SCFQ, l’entreprise entreprendra le lancement officiel de l’application. Elle travaille aussi avec des agences comme Québec International pour pouvoir étendre le recrutement à l’étranger, avec les mêmes principes.