Hydro-Québec a décidé d'appliquer les normes à la lettre pour aller chercher les sommes qui lui sont dues.

Hydro serre la vis aux mauvais payeurs

La récréation est terminée pour les mauvais payeurs. Implanté de façon progressive depuis trois ans, le programme de recouvrement des factures impayées chez Hydro-Québec est aujourd'hui appliqué à la lettre.
Entre 2012 et 2016, la société d'État a vu bondir de 85 % son nombre d'ententes de paiement avec des clients résidentiels qui n'arrivaient plus à payer leurs comptes d'électricité. En 2012, on dénombrait 183 900 accords signés - un même client peut conclure plus d'un accord -, comparativement à 340 485, l'an dernier. En 2016, Hydro-Québec a perdu 86,1 millions $ en raison des factures impayées. 
À la recherche de solutions, la société d'État a choisi de revoir sa stratégie d'affaires en 2014 et de diminuer de quelques jours le délai d'envoi pour ces avis de retard. Avant, peu importe l'historique financier du ménage avec le fournisseur d'électricité, l'avis était envoyé par la poste «au minimum sept jours après un retard de paiement». Rappelons que payer un solde en souffrance entraîne des frais d'administration de 1,2 % par mois et de 14,4 % par année.
Alors, petit conseil, assurez-vous d'avoir payé vos factures avant de partir en vacances! 
Aujourd'hui, les nouvelles normes stipulent que pour un consommateur possédant un dossier sans tache, l'avis de retard est transmis sept jours après l'échéance. Pour des clients qui ont déjà été en recouvrement au cours de la dernière année, l'avis peut être envoyé à partir de cinq jours après l'échéance. Et finalement, pour les clients qui ont été interrompus dans les 12 derniers mois, l'avis est envoyé à partir de trois jours après la date butoir.
«L'analyse que nous avons réalisée indique que plus nous laissions de temps avant d'agir, plus la situation devenait problématique pour le client et Hydro-Québec», avance au Soleil Louis-Olivier Batty, attaché de presse chez Hydro-Québec. «C'est pourquoi nous avons revu notre processus. Nous le déployons de manière progressive depuis trois ans et aujourd'hui, nous l'appliquons comme il se doit. On veut vraiment aller chercher les sommes qui sont dues. Il ne faut pas oublier que les mauvaises créances sont assumées par l'ensemble de la clientèle», poursuit-il, précisant que le processus d'interruption d'électricité est toutefois demeuré le même, soit après l'avis de retard vous avez un délai minimal de 15 jours avant de recevoir l'avis d'interruption. Ensuite, environ huit jours suivant la dernière missive, Hydro-Québec coupera le courant. 
Baisse des débranchements
Pour aider les ménages en difficultés financières, M. Batty rappelle qu'il est toujours possible de prendre des ententes avec la société d'État. «On comprend qu'il y a des clients qui peuvent avoir des difficultés à payer. Parfois, des imprévus font qu'une année est plus difficile. C'est pourquoi il y a moyen de prendre une entente», avance-t-il. 
En 2015, alors que 226 000 clients ont signé des accords, le montant des factures impayées a atteint 94,5 millions $, comparativement à 91,3 millions $ en 2014 (230 000 clients). Pour 2016, environ 218 000 clients ont conclu des ententes avec Hydro-Québec (86,1 millions $). La société d'État a procédé à 48 640 débranchements, une baisse comparativement à 55 459 en 2015 et 57 874 en 2014.  
L'ensemble des ententes entre un particulier et Hydro-Québec est d'environ 644 millions $, peut-on lire dans un rapport. «Ce montant comptabilise les promesses de paiement représentant des créances passées et de la consommation projetée sur la durée des ententes», précise le porte-parole de la société d'État.
La semaine dernière, Hydro-Québec a demandé à la Régie de l'énergie l'approbation d'une hausse tarifaire de 1,1 % à compter d'avril 2018 pour l'ensemble de ses clients résidentiels et la majorité des clients d'affaires.
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En chiffres...
Nombre de clients qui ont conclu une entente chez Hydro-Québec
• 2016 : 218 000 
• 2015 : 226 000
• 2014 : 230 000
• 2013 : 174 000
• 2012 : 154 000
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Interruptions résidentielles
• 2016 : 48 640
• 2015 : 55 459
• 2014 : 57 874
• 2013 : 35 349
• 2012 : 39 623 
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Dépense de mauvaise créance (DMC)
• 2016 : 86,1 M$
• 2015 : 94,5 M$
• 2014 : 91,3 M$
• 2013 : 88,0 M$
• 2012 : 83,6 M$
Source : Hydro-Québec