Le chef du conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie

Hydro-Québec offre 75 millions $ aux Innus de la Côte-Nord

La communauté d'Uashat mak Mani-Utenam à Sept-Îles touchera pas moins de 75 millions $ en compensations pour les ouvrages électriques d'Hydro-Québec, dont ceux de La Romaine, qui se trouvent sur ses terres ancestrales. Mais avant d'apposer sa signature, le chef innu doit soumettre l'entente de principe à sa population, qui a rejeté les deux accords précédents.
Cette fois-ci serait la bonne, selon le conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (ITUM), qui qualifie l'entente de «proposition sérieuse» et «d'alternative juste» aux procédures judiciaires contre la société d'État. S'il est accepté, l'accord réglerait hors cour les litiges entre les parties. Hydro accepterait même d'abandonner les poursuites entreprises contre une vingtaine de manifestants autochtones, qui ont participé à l'époque aux barrages des chemins d'accès des chantiers Romaine et Sainte-Marguerite-3.
«Que ce soit bien clair, le référendum ne porte pas sur le projet La Romaine», a averti le chef Mike McKenzie. «Il s'agit d'accepter, oui ou non, les bénéfices que le conseil a réussi à aller arracher à Hydro-Québec.» Parce que la bande n'a eu d'autres choix que d'admettre que ses «efforts soutenus pour arrêter le projet» hydroélectrique n'ont rien amené de concret au fil du temps. «Qu'on se le dise, La Romaine est bel et bien partie pour se faire avec ou sans les Innus», a martelé M. McKenzie.
En plus des 75 millions $, l'entente prévoit entre autres l'octroi de contrats de déboisement et une série de mesures relatives à l'emploi, à la formation et au développement économique de la communauté de quelque 3000 habitants. L'accord permettrait aussi la création d'une ou de plusieurs fiducies au bénéfice de la bande.
«L'entente de principe n'est pas un traité. Il n'y a aucune extinction de droits», a précisé le chef McKenzie, qui convoite l'obtention d'un titre aborigène et des droits ancestraux reconnus pour sa communauté. En 2011, Québec s'engageait à construire un centre de formation autochtone et à participer au financement d'un fonds de développement, via une «entente de nation à nation», qui a été rejetée par la communauté en même temps que celle conclue avec Hydro-Québec.
Le référendum consultatif sur les fruits de la négociation entre Hydro et la bande doit avoir lieu le 11 avril. Devant l'absence du consensus de sa communauté, ITUM maintiendra ses actions en justice contre la société d'État.