Hydro-Québec met fin à l’entente avec Israel Electric Corporation

MONTRÉAL — Hydro-Québec n’a pas renouvelé l’entente de collaboration conclue il y a deux ans avec la Israel Electric Corporation (IEC) pour mener des échanges sur la cybersécurité.

Des groupes de soutien au peuple palestinien, qui avaient mené une campagne pour que la société d’État mette un terme à cette collaboration, applaudissent la décision, mais Hydro-Québec se défend d’avoir cédé à la pression et affirme plutôt que l’on ne voyait pas l’utilité de reconduire l’entente après deux ans.

Des représentants de la Coalition BDS-Québec et de PAJU ont rencontré les médias, jeudi, pour se féliciter du non-renouvellement de l’entente qui liait Hydro et IEC et pour en dévoiler du même coup le contenu.

La Coalition BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions à l’endroit d’Israël) et PAJU (Palestiniens et Juifs unis) soutiennent depuis la conclusion de l’accord en mai 2017 que la société d’État québécoise venait ainsi cautionner une entreprise impliquée dans la répression du peuple palestinien.

Leurs porte-parole reprochent à l’entreprise gouvernementale IEC d’être elle-même responsable d’interruptions punitives d’électricité dans la bande de Gaza et en Cisjordanie et d’alimenter en électricité des colonies juives en Cisjordanie dont l’existence est pourtant jugée illégale par la communauté internationale.

Hydro-Québec vulnérable?

Selon l’un de leurs représentants, l’avocat John Philpot, Hydro-Québec se plaçait à risque avec cette entente non seulement sur le plan de sa réputation, mais aussi sur le plan légal en cas d’éventuelles condamnations des pratiques d’Israël par les tribunaux internationaux.

«Hydro-Québec se rend vulnérable à ces niveaux-là. (...) Toute compagnie qui fait affaire avec Israël doit faire attention», a-t-il avancé.

Par ailleurs, il souligne qu’Hydro a toujours invoqué un échange d’informations, avec ce qu’implique cette expression: «Ce qui est inacceptable, c’est qu’Hydro-Québec, qui doit être très fort en cybersécurité, donne des informations pour aider cet État voyou», a-t-il laissé tomber.

Hydro-Québec affirme pour sa part que la fin du partenariat de partage de connaissances en cybersécurité n’est «aucunement un geste politique, ni le résultat de pression de l’organisme BDS-Québec».

Aucun intérêt

La société d’État précise que l’entente de deux ans a pris fin comme prévu en mai dernier et qu’elle n’a pas vu l’utilité de la reconduire.

«Aucun des deux partenaires n’avait d’intérêt à poursuivre les échanges», a affirmé le porte-parole d’Hydro, Louis-Olivier Batty, dans les minutes suivant la rencontre de presse.

«Nous avons eu les échanges de connaissances que l’on souhaitait avoir pour développer et continuer le travail que l’on fait en cybersécurité pour protéger notre réseau», a-t-il expliqué.

M. Batty a insisté sur le fait que la campagne de la Coalition BDS-Québec «n’a eu aucune influence. Ce n’est pas suite aux pressions de la campagne de BDS-Québec ou encore moins une décision politique. Tout simplement après deux ans le parternariat tel qu’il était prévu a pris fin et aucun des deux partenaires n’a souhaité renouveler».

«Ça s’est terminé comme c’était prévu», a-t-il conclu.

L’entente avait été signée en mai 2017 à l’occasion de la mission économique en Israël du premier ministre Philippe Couillard en compagnie, notamment, de la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, et du président du conseil d’administration d’Hydro de l’époque, Michael Penner.