Hydro-Québec en quête de watts supplémentaires

Pour répondre à une demande sans précédent d'électricité (pointe record mercredi de 39 240 mégawatts), Hydro-Québec doit faire des pieds et des mains pour obtenir des mégawatts supplémentaires sur son réseau. Cette électricité a cependant un prix.
«Notre réseau est utilisé à son maximum. Tous les électrons épargnés sont les bienvenus», a souligné mercredi le porte-parole d'Hydro-Québec, Patrice Lavoie.
Malgré des surplus importants d'électricité le reste de l'année, Hydro-Québec doit répondre à une poussée très importante sur son réseau en hiver, causée par le besoin de chauffe des Québécois. Cette forte pression se traduit par un déficit hivernal qui devrait s'accentuer au cours des prochaines années.
Mercredi, la société d'État a notamment acheté plus de 2400 mégawatts (MW) en provenance de producteurs d'électricité des réseaux de New York et de l'Ontario.
Selon des documents déposés devant les organismes américains de surveillance NPCC et NERC, Hydro-Québec a déjà en main des ententes pour l'achat de 870 MW de puissance avec des producteurs étrangers. «Or, au-delà de cette quantité, chaque mégawatt importé sur notre réseau coûte très cher», a rappelé mercredi le porte-parole d'Hydro-Québec.
En effet, mercredi à 8h, il fallait notamment allonger 283 $ pour obtenir un mégawatt de la part d'un producteur d'électricité situé en Ontario. Dans l'État de New York, ce même mégawatt valait plus de 560 $US sur le marché libre à 15h.
Pour ce matin, le prix anticipé sur le marché new-yorkais de l'électricité par les analystes s'élevait à plus de 410 $US pour un mégawattheure.
Les alumineries en renfort
La société d'État a aussi obtenu l'aide de ses plus gros clients industriels québécois comme les alumineries et les papetières. Par l'entremise d'un programme de rachat d'énergie interruptible, Hydro-Québec a pu acquérir mercredi 1000 MW supplémentaires.
Or, ce rachat d'électricité possible (qui peut atteindre jusqu'à 1900 MW cet hiver) vaut son pesant d'or. Les ententes signées permettent aux industriels, qui freinent leur production pour répondre aux impératifs de la société d'État, d'obtenir jusqu'à 970 $ du mégawatt pendant une heure.
Hydro-Québec dit n'avoir pas eu recours mercredi à la centrale TAG de Bécancour de 400 MW (à ne pas confondre avec la centrale au gaz naturel de TransCanada Énergie). La centrale TAG, dite de pointe, construite il y a une vingtaine d'années, consomme 50 000 litres de mazout par chaque tranche de 20 minutes d'utilisation.
Parmi les autres mesures pour aider le réseau hydro-québécois à passer au travers de la forte demande, l'appel à l'épargne lancé aux Québécois par la société d'État lui a permis de gagner environ 250 mégawatts.
Hydro-Québec soutient par ailleurs que les différents parcs éoliens répartis un peu partout sur son territoire (d'une capacité de puissance de 2000 MW) ne lui ont permis d'obtenir que 376 MW sur son réseau mercredi matin en raison de l'absence de vents.