Hydro-Québec mise notamment sur les acquisitions à l'étranger dans le cadre de sa stratégie - dévoilée en 2016 - visant à doubler son chiffre d'affaires annuel pour le porter à environ 27 milliards $ d'ici 2030.

Hydro-Québec a priorisé l'exportation d'électricité

Toujours intéressée à retourner à l'international, Hydro-Québec s'est retrouvée dans l'obligation de «prioriser» l'exportation d'électricité en raison d'occasions aux États-Unis, affirme son président-directeur général, Éric Martel.
La société d'État s'est penchée sur plusieurs dossiers d'acquisitions potentielles, mais elle a également dû consacrer beaucoup de ressources afin de soumettre des propositions aux autorités des États du Massachusetts et de New York dans l'espoir de décrocher d'importants contrats d'approvisionnement à long terme.
«Cette année, nous avons priorisé les exportations parce que les appels d'offres se déroulaient. Nous avons beaucoup ciblé ce dossier», a expliqué M. Martel au cours d'une entrevue accordée à La Presse canadienne la semaine dernière.
Hydro-Québec mise notamment sur les acquisitions à l'étranger dans le cadre de sa stratégie - dévoilée en 2016 - visant à doubler son chiffre d'affaires annuel pour le porter à environ 27 milliards $ d'ici 2030, ce qui laisse du temps à la société d'État pour atteindre son objectif, fait remarquer M. Martel.
Ce dernier, qui dit n'avoir «aucune pression» pour réaliser des transactions, affirme qu'il aurait été possible d'en conclure. Après avoir analysé les dossiers, il valait mieux jouer de prudence et demeurer sur les lignes de côté, ajoute le patron de la société d'État.
«La première transaction sera vraiment analysée sous tous les angles par tout le monde, explique-t-il. Il faut s'assurer d'en réaliser une qui soit payante pour les Québécois. La première est toujours la plus complexe à effectuer. Après, tout peut débouler plus rapidement.»
Optimiste
En début d'année, dans le cadre de son passage au Forum économique mondial de Davos, au coeur des Alpes suisses, le grand patron d'Hydro-Québec s'était dit optimiste de procéder à une annonce au cours de l'année. Ce souhait semble de moins en moins réalisable, ce qui est loin d'inquiéter M. Martel.
«J'avais affirmé que c'était possible en 2017, mais si ça arrive dans deux ans, je ne serai pas plus malheureux, affirme-t-il. Ce qui est important, c'est la qualité de la transaction.»
Au début septembre, Hydro-Québec avait confirmé à La Presse qu'elle discutait avec les autorités mexicaines en vue d'éventuelles acquisitions ou d'investissements dans des sociétés énergétiques.
Ce marché intéresse toujours la société d'État, a affirmé son président-directeur général, qui regarde également dans «quelques pays» d'Amérique du Sud, sans toutefois aller jusqu'à en nommer.
Même si les mois s'écoulent et que la division internationale d'Hydro-Québec n'a encore rien à annoncer, cela n'empêche pas le «téléphone de sonner régulièrement».
«Il y a des pays qui ont de l'appétit pour que nous soyons présents, dit M. Martel. Plusieurs souhaiteraient pouvoir profiter de notre expertise. Les gens nous appellent et on écoute. Nous avons choisi jusqu'ici de ne pas aller de l'avant.»
Rien n'est exclu en ce qui a trait aux acquisitions. Hydro-Québec pourrait prendre des participations dans des projets ou acheter des actifs comme, par exemple, un réseau de transport d'électricité qui serait remis à niveau avant d'être exploité.
La société d'État compte limiter ses risques en restant éloignée des pays instables politiquement et des projets dont la rentabilité ne semble pas au rendez-vous.
Celle-ci avait mis fin aux activités de sa filiale internationale au milieu des années 2000 en liquidant, avec profits, l'ensemble de ses investissements aux États-Unis, au Chili, au Costa Rica, au Pérou et en Australie.