Pour le premier trimestre de 2018, la facture pour les frais de déplacement des employés chez Hydro-Québec a été de 10,6 millions $. Environ 725 000 $ de plus que pour la même période l’an dernier.

Hydro: les frais de déplacement bondissent

Les frais de déplacement des employés et des cadres d’Hydro-Québec ont atteint 52,3 millions $ en 2017, soit une augmentation de 4,3 %.

Selon des données disponibles sur le site de la société d’État, les frais de déplacement correspondent au total des sommes engagées par Hydro-Québec pour «le transport, l’hébergement et les repas des travailleurs» dans le cadre de leur fonction. Ce montant ne tient toutefois pas compte des dépenses du pdg et des membres du conseil d’administration.

À titre de comparaison, en 2016, Hydro-Québec avait déboursé 50,1 millions $ en frais de déplacement. Pour le premier trimestre de 2018, soit entre les mois de janvier et mars, la facture a été de 10,6 millions $. Environ 725 000 $ de plus que pour la même période l’an dernier.

«Cela montre qu’il y a une certaine culture du mépris envers les contribuables au sein de la fonction publique québécoise. Ce n’est pas comme si les profits d’Hydro-Québec avaient augmenté de façon fulgurante au cours des dernières années [une baisse de 15 millions $ entre 2016 et 2017]. Pour nous, cela n’a vraiment pas de sens», déplore au Soleil le porte-parole de la Fédération canadienne des contribuables (FCC), Renaud Brossard.

Démarches d’affaires

Du côté d’Hydro-Québec, qui compte dans ses rangs près de

19 800 travailleurs, on explique cette augmentation des dépenses par différentes démarches d’affaires effectuées pour doubler les revenus de la société d’État d’ici 2030. Elle vise atteindre 27 milliards $.

Pour y parvenir, Hydro-Québec veut notamment prendre de l’expansion à l’étranger. Aucune acquisition n’a toutefois été annoncée depuis deux ans.

Le fournisseur d’énergie convoite également des contrats d’approvisionnement dans l’État de New York. Une réponse devrait aboutir cet été en lien avec l’appel de propositions de la New York Power Authority.

Hydro-Québec a aussi récemment annoncé  avoir conclu avec son partenaire américain, Central Maine Power Company, une entente avec des distributeurs d’électricité du Massachusetts pour approvisionner l’État pendant 20 ans.


« Cela montre qu’il y a une certaine culture du mépris envers les contribuables au sein de la fonction publique québécoise. Ce n’est pas comme si les profits d’Hydro-Québec avaient augmenté de façon fulgurante au cours des dernières années »
Renaud Brossard, porte-parole de la Fédération canadienne des contribuables

«Dans notre plan stratégique, nous avions annoncé que nous voulions doubler nos revenus. Également, que nous souhaitions assurer une croissance des ventes au Québec. Pour atteindre nos objectifs, nous voulions attirer de nouveaux joueurs, entre autres dans le domaine des serres, des mines et des centres de données», explique le porte-parole, Louis-Olivier Batty.

«Déjà, nous avons des résultats concrets. En 2017, nous avons eu une augmentation des ventes de .5 térawattheure, ce qui représente environ 25 millions $ supplémentaires. Nous avons aussi réalisé plusieurs démarches dans des États où il y avait une demande pour de l’électricité québécoise.Si on veut développer des affaires, il faut faire de la représentation. [...] Il faut se faire connaître. C’est pourquoi les investissements en frais de déplacement du personnel ont valu la peine», juge-t-il.

Lorsqu’on regarde du côté du président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, ses frais de déplacement dans la province et à l’extérieur du Québec pour 2017 ont été de 54 332 $, dont 6478 $ «en transport» lors de l’événement de la Traversée du Lac-Saint-Jean du 27 au 29 juillet 2017.

Ce montant total ne tient toutefois pas compte des dépenses pour son véhicule, environ 5500 $ par trimestre, et de ses dépenses de fonction (repas de travail au restaurant).

Par rapport à 2016, il s’agit d’une baisse de la facture totale pour le grand patron d’environ 40 000 $.