Hôtellerie: vote houleux en perspective sur la nouvelle formule de promotion

Les membres de l’Association des hôteliers de la région de Québec (AHRQ) voteront, mardi matin, sur la proposition de l’Office du tourisme de Québec de revoir la formule des crédits marketing, c’est-à-dire le pourcentage de la taxe d’hébergement qui revient dans les poches des hôteliers pour la promotion de leur hôtel à l’extérieur du Québec. Une proposition rejetée par certains hôteliers.

La matinée risque d’être houleuse à l'Hôtel Manoir Victoria. Des hôteliers ont bien l’intention de contester ce vote et même de venir avec des avocats pour le faire annuler.

Déjà en septembre, les membres de l’AHRQ devaient se prononcer en faveur ou contre cette nouvelle formule. Le vote a été annulé, car une mise en demeure a été déposée à l’Association par un regroupement d’hôtels.

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L’argent provient de la taxe d’hébergement (3,5 %) payée par les clients pour chaque nuitée. Aux trois mois, 14 % de ce 3,5 % est reversé en crédits aux propriétaires pour payer les coûts de leur promotion.

L’Office du tourisme souhaite regrouper les sommes distribuées dans une enveloppe commune pour réaliser des projets de développement touristique d’envergure.

Certains membres, comme Gabriel Perreault, propriétaire d’Hôtel signature Québec, s’estiment lésés par la proposition. «Ils ne seront jamais capables de nous donner les retombées de ce qu’on est capable de faire. Moi, c’est 17 000 $ par année que j’investis dans des salons à Toronto, New York, pour attirer la clientèle grâce à ce pourcentage sur la taxe d’hébergement», explique-t-il.

Selon M. Perreault, l’AHRQ compte 102 membres, dont 75 sont des petits hôtels. «On est désavantagé sur la vote alors que ce sont les gros hôtels qui utilisent le plus l’argent pour de la promotion», dénonce-t-il. «Jaro, Le Concorde, Grand Times Hotel, ils sont tous contre. Personne ne va faire la promotion à notre place et on sait ce qu’il faut faire. Chacun a son propre créneau. Ils ne vont pas dans les salons les petits hôtels», poursuit-il.

Vote non démocratique

De plus, seuls les membres de l’AHRQ peuvent voter sur la proposition. Or, il n’est pas obligatoire pour les hôtels d’être membres et certains comme le propriétaire du Grand Times Hôtel, Jean Audet, ne pourront pas voter alors qu’ils sont directement concernés.

«Ce n’est pas démocratique. C’est la minorité qui va décider pour la majorité. Tout le monde devrait pouvoir voter sur un enjeu aussi important et ça devrait être aussi selon le nombre de chambres», déplore-t-il.

Il y a quelques mois, le directeur de l’Office du tourisme de Québec, André Roy avait expliqué au Soleil que cette nouvelle formule serait profitable autant aux gros hôteliers qu’aux plus petits.