Jocelyn Boudreau, président d'Hortau, prévoit mettre sur le marché d'ici trois ans de nouveaux produits pour faciliter le travail des producteurs agricoles et «aider l'environnement».

Hortau sème sa technologie dans le monde

Déjà bien implantée sous le soleil de la Californie, l'entreprise Hortau de Lévis souhaite maintenant semer sa technologie à travers la planète. Une présence plus accrue au Pérou, au Chili, en France, en Turquie, au Mexique et en Égypte figure entre autres dans les plans de la compagnie.
Depuis deux ans, Hortau appuie sur le champignon pour augmenter ses parts de marché au pays de l'Oncle Sam. L'entreprise a fait son entrée avec succès dans la région du nord-ouest du Pacifique et a accru sa présence sur le territoire des Hautes Plaines, notamment au Colorado, au Nebraska et au Kansas.
La demande pour ses capteurs dans le sol, qui assurent la gestion en temps réel de l'irrigation des cultures grâce à la technologie des objets connectés, ne cesse de croître. Depuis cinq ans, les ventes de la compagnie qui sont évaluées à «des dizaines de millions de dollars» bondissent en moyenne annuellement de 50 %. La firme a notamment dû agrandir ses bureaux à San Luis Obispo, en Californie, et à Saint-Nicolas. Une dizaine de millions de dollars ont été investis au cours des dernières années dans les installations ainsi que pour le développement de nouveaux produits.
«Et cela n'est qu'un début», avance au Soleil Jocelyn Boudreau, président d'Hortau. «L'entreprise se déplace maintenant vers d'autres régions de la planète où les changements climatiques causent bien des maux de tête aux producteurs agricoles», poursuit-il, précisant que l'agriculture est un enjeu de taille pour les prochaines années avec la croissance de la population mondiale. L'ONU estime d'ailleurs que la planète hébergera 10 milliards de personnes en 2050.
L'homme d'affaires, qui habite aujourd'hui en Californie, prévoit mettre sur le marché d'ici trois ans de nouveaux produits pour faciliter le travail des producteurs et «aider l'environnement». Sa compagnie souhaite entre autres développer des capteurs permettant d'évaluer les quantités d'engrais nécessaires dans les champs en temps réel ainsi que pour optimiser l'utilisation des pesticides.
Actuellement, les capteurs d'Hortau qui mesurent le stress des végétaux permettent une économie d'entre «20 et 35 %» d'eau. Cette technologie tient notamment compte des données météorologiques.
«On veut donner un effet de levier à notre technologie. On veut parvenir à gérer différents facteurs de stress des cultures pour augmenter la productivité. Le but est d'arriver avec différentes couches de service», explique l'ingénieur agricole, qui a fondé Hortau en 2002 avec son associé le Dr Jean Caron. L'entreprise compte aujourd'hui 80 cerveaux, dont une quarantaine à Lévis où est situé le siège social ainsi que l'usine de production.
«Avec notre système de base, on augmente la production de 20 à 25 %. Lorsqu'on automatise tout le système, on peut doubler la production», poursuit M. Boudreau, qui estime le potentiel de son marché d'affaires à près de 10 milliards $ aux États-Unis.
Ronde de financement
Hortau réalise aujourd'hui 90 % de son chiffre d'affaires au sud de la frontière, principalement en Californie, et 10 % au Canada. L'entreprise brasse notamment des affaires dans 16 états américains et 7 provinces canadiennes. Elle compte environ 1000 clients.
Pour les prochaines années, le fondateur d'Hortau n'écarte pas la possibilité de devenir un jour une compagnie publique. «Possiblement, mais nous n'avons pas de projet pour le moment. C'est certain qu'avec notre croissance, il faut s'assurer d'avoir les capitaux nécessaires», affirme celui qui avait été invité en 2015 à la Maison-Blanche pour présenter ses technologies de gestion des cultures.
Mais avant d'entreprendre des démarches sérieuses pour faire le saut à la Bourse - si cette option est finalement retenue par la direction -, une nouvelle ronde de financement devrait avoir lieu prochainement afin de poursuivre la croissance de l'entreprise. En 2016, la compagnie avait obtenu 14 millions $ pour soutenir son déploiement en Amérique du Nord.
La possibilité de faire une acquisition figure également dans les plans. «On regarde activement aux États-Unis. On regarde pour des produits qui viendraient compléter notre plateforme technologique», conclut-il.