Le premier magasin HMV a ouvert à Londres en 1921. Il appartenait à la Gramophone Company, qui l’a doté de son logo légendaire, le chien qui écoute un gramophone.

HMV rêve d’une renaissance

LONDRES — Malgré la crise des commerces au Royaume-Uni, Doug Putman, nouveau propriétaire du disquaire HMV, assure pouvoir réinventer la célèbre enseigne tout juste sauvée de la faillite, à grand renfort de vinyles, pop coréenne et magasins flambants neufs.

«La distribution traverse un mauvais moment, mais il y a des opportunités à saisir. Nous savons que les clients veulent encore des produits physiques, et nous allons leur en proposer», explique à l’AFP le Canadien de 35 ans.

L’homme d’affaires, propriétaire du groupe Sunrise qui détient des magasins de disque au Canada, est venu au secours du britannique HMV en rachetant l’enseigne mythique en février, quelques semaines après sa faillite.

HMV («His Master’s Voice», La voix de son maître) est entré dans l’histoire de la musique en 1962 avec les Beatles qui ont signé à cette époque avec EMI, la maison de disques qui a appartenu à HMV jusqu’en 1996.

Son premier magasin a ouvert à Londres en 1921. Il appartenait à la Gramophone Company, qui l’a doté de son logo légendaire, le chien qui écoute un gramophone.

L’objectif de M. Putman est de relancer l’enseigne, confrontée à des difficultés financières persistantes ces dernières années, sur fond de déprime du marché du disque et du DVD face à l’essor de l’écoute de musique en ligne.

La marque avait été contrainte de déposer le bilan fin 2018 après une première faillite en 2013.

Mais pas question pour le Canadien de refaire les mêmes erreurs dans un pays où le chiffre d’affaires de la musique en ligne a dépassé celui des ventes en magasin de CD et d’enregistrements pour la première fois en 2012.

«Il faut faire les choses différemment. Parce que si ce que vous faites c’est d’offrir ce qu’Amazon offre, alors il est vraiment difficile de rivaliser», dit-il.

C’est la raison pour laquelle il entend privilégier dans ses magasins le contact humain avec du personnel qui connaît la musique sur le bout des doigts et des produits que les clients recherchent comme les vinyles, en pleine renaissance, ou la K-Pop coréenne qui séduit des jeunes.

Il veut également repenser les devantures des magasins pour les rendre «moins ennuyeuses» et plus attractives.

Son groupe n’a toutefois pas conservé tous les magasins HMV. Il en a acquis 100 au Royaume-Uni et a préservé autour de 1500 emplois. Mais il a dû se résoudre à fermer 27 points de vente, dont le plus emblématique est situé sur Oxford Street, au cœur de Londres, ce qui a entraîné 455 licenciements.

«Nous avons essayé de négocier des accords, mais les propriétaires n’ont pas pu nous offrir les loyers que nous voulions», se justifie M. Putman.

Le nouveau départ de la marque passe par l’ouverture vendredi de son nouveau magasin phare, situé à Birmingham (centre de l’Angleterre), sur plus de 2000 mètres carrés, ce qui en fait selon lui le plus grand espace en Europe pour le secteur du divertissement.

Le choix de cette ville, la deuxième du pays derrière Londres, est symbolique, tant elle a souffert depuis des décennies du déclin de l’industrie britannique dont elle était le berceau. Désormais, son centre-ville est en pleine transformation, avec des immeubles et commerces ultra-modernes.

«Birmingham coche toutes les cases», fait valoir M. Putnam, à savoir que c’est une grande ville avec une clientèle de passionnés et où il est possible d’avoir un grand espace de vente à des prix raisonnables.

Reste à savoir si ce jeune homme déterminé pourra réussir son pari et déjouer un contexte morose pour le commerce physique au Royaume-Uni où les faillites et restructurations se multiplient que ce soit dans les grands magasins, l’habillement ou la restauration.