Les écarts importants de température observés ont poussé la société d'État à acquérir tout près de 500 000 MWh en provenance de producteurs d'électricité hors Québec en décembre et en janvier.

Hiver difficile pour Hydro-Québec

Le dernier hiver n'a pas été de tout repos pour Hydro-Québec. Malgré ses gigantesques surplus, le réseau d'Hydro-Québec n'a pas été en mesure de suffire à la demande cet hiver. La société d'État a été contrainte d'acheter des quantités significatives d'électricité sur les réseaux voisins ainsi que de ses gros clients industriels.
Les écarts importants de température observés ont notamment poussé la société d'État à acquérir tout près de 500 000 mégawattheures (MWh) en provenance de producteurs d'électricité hors Québec lors des mois de décembre et de janvier.
La société d'État a même fracassé un record de consommation le 22 janvier avec une pointe historique de 39 240 mégawatts (MW).
Des données de l'Office national de l'énergie (ONE) indiquent qu'Hydro-Québec a notamment importé 278 000 mégawattheures à un coût unitaire de 27,3 ¢ le kilowattheure (kWh) en janvier dernier.
À titre de comparaison, la société d'État avait importé 103 000 MWh en janvier 2013, et ce, à un coût unitaire de 11,6 ¢ le kilowattheure.
Chez Hydro-Québec, on soutient que le temps froid a poussé la consommation québécoise d'électricité en hausse de 6 térawattheures (TWh) au cours du dernier hiver. «Il s'agit donc d'un hiver exceptionnellement rigoureux», a indiqué mercredi le porte-parole de la société d'État, Patrice Lavoie.
Les industriels ont aidé
Outre l'achat sur les réseaux voisins, Hydro-Québec a aussi obtenu l'aide de ses gros clients industriels (comme les alumineries et les papetières) pour répondre à la demande hivernale.
«On a eu un hiver exceptionnel et on peut dire qu'Hydro-Québec ne l'a pas eue facile», fait valoir
le président de l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité (AQCIE), Luc Boulanger.
Selon ce dernier, les clients industriels d'Hydro-Québec n'ont jamais été autant sollicités qu'au cours du dernier hiver. «On peut parler chez nos membres d'un nombre record d'interruptions», a-t-il signalé.
Par l'entremise d'un programme de rachat d'énergie interruptible avec ses clients industriels, Hydro-Québec a notamment pu remettre dans son réseau une quantité d'électricité pouvant atteindre jusqu'à 1900 MW.
Or, ces rachats d'électricité ont valu leur pesant d'or. Les ententes signées ont permis aux industriels, qui ont freiné la production dans leurs usines pour répondre aux impératifs de la société d'État, d'obtenir jusqu'à 97 ¢ du kilowattheure.
Hydro-Québec dit n'avoir pas eu recours l'hiver dernier à la centrale TAG de Bécancour de 400 MW (à ne pas confondre avec la centrale au gaz naturel de TransCanada Énergie). La centrale TAG, dite de pointe, construite il y a une vingtaine d'années, consomme 50 000 litres de mazout par chaque tranche de 20 minutes d'utilisation.
Parmi les autres mesures pour aider le réseau hydroquébécois à passer au travers de la forte demande, l'appel à l'épargne lancé aux Québécois par la société d'État lui a permis de gagner environ 250 MW à chaque occasion.
Quant à l'utilisation possible en hiver de la centrale au gaz naturel de 507 MW de TransCanada Énergie à Bécancour, Hydro-Québec juge cette option trop dispendieuse. 
Chaque année, Hydro-Québec préfère verser 150 millions $ à TransCanada pour garder fermée cette centrale au gaz.